Après la journée meurtrière du 26 janvier 2020 qui a fait officiellement vingt morts, cinq blessés et des matériels militaires endommagés et emportés, il est normal de se poser un certain nombre de questions.

D’abord, il faut reconnaître qu’aucun individu normal, militaire ou pas, ne va accepter de se faire tuer. Sokolo est une localité située dans le cercle de Niono, région de Ségou à 85 kilomètres seulement de la frontière avec la Mauritanie. C’est la foret de Wagadou qui sépare cette zone de la Mauritanie. Cette forêt constitue aussi un nid ou un refuge des groupes jihadistes qui sèment la terreur au Mali, au Niger et Burkina Faso en complicité avec d’autres groupes terroristes.

Les conditions de cette attaque suscitent des interrogations : Pourquoi, depuis toutes ces années, la Mauritanie n’a-t-elle jamais subi une attaque ? Pourquoi ce carnage à Ségou au moment où la France et les pays du G5 Sahel ont décidé d’intensifier leurs efforts militaires de lutte contre le terrorisme dans la zone dite des trois frontières Mali, Burkina Faso, Niger ? Quel est le problème réel au sein de nos forces de défense et de sécurité qui les empêche de maintenir le cap face aux assaillants au front. L’on pourra se poser encore autant de questions.

Si l’on sait que l’attaque de Sokolo peut être un signal fort donné par ces jihadistes comme pour dire aux Chefs d’Etat du G5 Sahel et celui de la France : «Nous sommes dans le Gourma, nous sommes au Mali, au Burkina Faso, au Niger, nous sommes partout et nous sommes capables de frapper partout où nous voulons», pour autant, il est difficile de justifier ou d’expliquer les raisons qui font que la Mauritanie a toujours été épargnée. D’ailleurs, elle ne s’est jamais inquiétée, même si elle fait partie du G5 Sahel.

Parlant de renseignements militaires, le Mali doit toujours revoir son mode de collaboration avec ses partenaires sur le terrain, dans le but de renforcer la sécurité de ses militaires au front. Aussi, l’hiérarchie militaire doit s’expliquer. Car, selon plusieurs sources, ces assaillants, arrivés entre quatre heures et cinq heures du matin à bord d’un pick-up et sur trois motos, ont réussi, après environ trois heures de combat, à incendier complétement le camp, à abattre nos gendarmes et à emporter des véhicules militaires chargés d’armes et de munitions. Au même moment, les renforts demandés par le Chef de Commandement du Poste, le capitaine Harouna Sangaré, a pris trop de temps. Selon nos sources, de l’aube, les soutiens aériens et terrestres sont arrivés aux environs de huit heures dans les lieux de l’attaque, au moment où la peine était déjà perdue.

Il faut tout de même rappeler que le bilan officiel annoncé par le gouvernement fait état de vingt gendarmes tués, cinq autres blessés et des matériels militaires endommagés et emportés. Côté ennemi, l’on annonce aussi la mort de quatre présumés jihadistes. C’est le lendemain que ladite attaque a été revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) qui reconnait avoir perdu trois de ses hommes et témoigne aussi que plus de vingt soldats maliens ont été tués, trois capturés et neuf véhicules récupérés.

Ousmane BALLO

Source : Ziré