Des hommes armés ont lancé un ultimatum de 72 heures aux habitants d'un village et de 3 hameaux. Ils demandent aux populations de ces zones, situées dans le cercle de Koro région de Mopti, de se retirer de leurs différentes localités. Ces informations ont été confirmées par les autorités communales de Koro. Ces menaces ont suscité la panique et une psychose dans ces localités. De sources locales, les populations ont déjà commencé à abandonner leurs habitations pour se réfugier ailleurs. Le maire adjoint de Koro affirme que les autorités militaires du cercle ont été saisies.

Les assaillants qui ont lancé cet ultimatum seraient venus du Burkina Faso. De sources locales, ils auraient encerclé les hameaux de Kéré, Goura, Ganga et le village de Sèguè dans le cercle de Koro. Aussitôt interpellés par les chefs des localités concernées, les responsables communaux ont informé les autorités militaires du cercle.
« Moi j'ai saisi l'Administration et l'autorité militaire pour leur donner l'information que des individus lourdement armés ont encerclé les hameaux de Kéré, Ganga, Goura et le village officiel Ségué », déclare Issa Sagara, maire adjoint de Koro. « On demande à ces habitants de quitter leurs localités dans 72 heures. Un poste de commandement qui est là, ils ont été saisis, la gendarmerie a été saisie avec l'escadron ont pris des dispositions pour aller sécuriser ces populations en détresse au niveau de la frontière entre la commune de Koro et les communes de Kanhi et Thiou », ajoute l’autorité communale.
En attendant, les populations concernées ont commencé ce jeudi matin à abandonner les lieux, regrettent les autorités communales. Les populations de la ville de Korose disent inquiètes pour leur sécurité. Elles affirment avoir été livrées à leur propre sort.
« Nous vivons ici dans l’inquiétude totale pour quoi par ce que aujourd'hui nous sommes livré à nous mêmes. Et c'est normal et c'est compréhensible à ce que certains villages aussi fuient leurs zones pour ne pas perdre leurs vies. Vraiment, on n’est pas en sécurité ici à Koro. La situation sécuritaire va de pire en pire dans notre région et jusque là aucune disposition militaire n’est encore prise, même avec l'ultimatum rendu à ces villages ».

C’est ce jeudi que l'ultimatum de 72 heures arrive à terme. Et ces menaces interviennent quelques jours après l’attaque du village d'Ogossagou qui a occasionné la mort de 160 civils dans la même région. A ce stade, la direction de l'information et des relations publiques des armées « DIRPA » dit ne pas être au courant de cet ultimatum.

Pendant ce temps, le CICR a entrepris des actions visant à atténuer la souffrance de victimes blessées de l’attaque d’Ogossagou. Il s'agit, notamment, du transport de celles-ci vers les centres hospitaliers et assurer leur prise en charge médicale. Selon des responsables de l'organisation, d'autres actions seront mises en œuvre dans les jours à venir pour mieux faire aux besoins humanitaires des rescapés.

Source : Studio Tamani