L'année 2019 tend vers sa fin. Comme ces six dernières, 2019 fut une année assez mouvementée dans notre pays, tant sur le plan politico-sécuritaire que social. Cependant, il y a bien des hommes qui se sont illustrés à travers des actes forts et qui font partie désormais de l’histoire récente du pays. Le procureur du Pôle Économique et Financier de Bamako, Mamadou Kassogué,  est l'un d'entre eux. Lui, qui, avec l'appui du ministre de la Justice et des Droits de l'homme, Malick Coulibaly,  vient de donner un nouveau souffle à la justice malienne, assez longtemps restée moribonde. Un acte qui, pour nous, fait de lui l’homme de l’année, du moins dans le secteur de la justice.

Si l'ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maiga, a été reconnu l'homme de l'année de 2018 pour avoir réussi à organiser l'élection présidentielle au moment où personne n’y croyait, le procureur du Pôle Économique et Financier, Mamadou Kassogué, a toutes les qualités d’être celui de cette année.

Arrivé à la tête du Pôle Économique et Financier de Bamako le 25 juin 2019, suite à un vaste mouvement de mutation des magistrats (soit 300 sur 500), à l’issue d’une réunion du Conseil supérieur de la Magistrature, Mamadou Kassogé n’a pas tardé à enclencher une vraie lutte contre la corruption et la délinquance financière. Ainsi, connu de tous pour son intégrité, sa compétence et sa probité morale, Mamadou Kassogué a pu, jusqu’à présent, répondre aux attentes des populations. Lui qui est beaucoup apprécié pour son savoir-faire, sa rigueur dans le travail et  son franc-parler, continue à imprimer sa marque au sein du tribunal de la Commune III du District de Bamako. 

Deux mois après sa prise de fonction, le nouveau procureur du Pôle Économique et Financier a tenu à avertir l’opinion nationale lors d’une conférence de presse en ces termes : «Tous ceux qui ont détourné des fonds de l'État doivent se préparer à rendre compte au peuple. Ceux qui n'ont rien fait,  n'ont rien à craindre. Mais ceux qui ont fait quelque chose de mal, ont effectivement à craindre. »

Ainsi, le jeune procureur s'attaque successivement aux gros dossiers, notamment ceux relatifs à  l’affaire des ristournes de la Confédération des Sociétés Coopératives des Producteurs de Coton du Mali (CSCPC), qui a abouti à l'arrestation de son président du Conseil d'Administration, Bakary Togola, soupçonné d'avoir détourné plus de neufs (09) milliards de francs CFA. Jugé intouchable depuis un certain temps, le patron des paysans maliens séjourne à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako. D’autres complices sont encore recherchés.

Le deuxième gros poisson capturé par le procureur est Adama Sangaré. Le puissant maire du District de Bamako est également écroulé pour avoir été suspecté de détournement portant sur un fonds destiné à embellir la ville de Bamako. Des enquêtes sont aussi en cours concernant l'affaire dite ‘’des avions cloués au sol’’.

De son arrivée à la tête du Pôle Économique et Financier de Bamako à nos jours, près de trente cadres cités dans des détournements de fonds publics ont été mis aux arrêts. Aujourd'hui, grâce à  sa bonne volonté et son engagement à  lutter contre la corruption et la délinquance financière de manière sincère, le peuple malien retrouve une lueur d'espoir envers l'appareil judiciaire du moins dans le cadre de la protection du denier public. Mamadou Kassogué a sévi conformément aux textes et avec l’appui de ses collègues. Alors, qui  mieux que lui pour le titre de l'homme de l'année 2019 ?

Amadou Basso

Source : Ziré