Le Dialogue National Inclusif (DNI) est officiellement lancé depuis le 14 décembre 2019. Un processus qui se tient en absence d’une majeure partie de l’opposition politique et de la société civile. Déjà avec cette défection, l’inclusivité de ces assises est compromise. Mais de ce fait, les résolutions et recommandations qui en découleront ne devraient-elles pas engager l’ensemble des Maliens ? Difficile de répondre pour l’instant. Car, d’aucuns diront que tout dépendra des propositions qui seront faites par les participants.

Le plus important, du reste, c’est que les membres du Triumvirat, à savoir: Baba Akhib Haïdara, Ousmane Issoufi Maïga et Aminata Dramane Traoré,  et le président du Comité d’organisation, Cheick Sidi Diarra, s’attèlent à ce que les résolutions et recommandations formulées à l’issue de ces rencontres puissent être mises en œuvre pour l’intérêt du pays. C’est pourquoi, ces organisateurs, pour éviter d’être spectateurs, doivent mettre en place un comité de suivi et d’évaluation composé de personnalités dotées de probité intellectuelle et morale.

Faut-il toujours rappeler que les participants de ces assises doivent également faire preuve de maturité en faisant des propositions à la hauteur des attentes du peuple malien. Des propositions capables de répondre aux aspirations des populations partout où elles se trouvent. Elles doivent, à cet effet, concerner la situation sécuritaire du pays, la gouvernance, de manière générale…

Une chose est sûre, ce  dialogue n’est pas une réponse immédiate pour  les menaces terroristes. Même si nous osons croire qu’au sortir de ces assises l’union sacrée va prospérer dans la recherche de la paix et de la stabilité à travers le soutien sans faille de l’ensemble des Maliens aux Forces Armées et de Sécurité, il est aussi normal de rappeler que les menaces terroristes vont demeurer toujours. Le seul avantage de ce dialogue sur cette situation est qu’il pourra permettre aux Maliens d’unir leurs forces et de parler d’une seule voix contre cette force du Mal. Une manière de pouvoir réunir derrière nous d’autres puissances internationales pour lutter efficacement contre tous les groupes armés terroristes dans notre pays.

C’est pourquoi, ce dialogue doit être une rencontre d‘échanges et de propositions des vraies solutions. Pour ce faire, toutes les forces vives de la nation devraient avoir leurs mots à dire en toute franchise et librement. A défaut d’obtenir la participation de tous, les résolutions et recommandations sorties de ces assises doivent être également expliquées à l’ensemble des Maliens y compris à ceux qui ont choisi volontairement de ne pas y participer pour des raisons qui les sont propres. Il le faut, parce qu’il n’a jamais été trop tard pour mieux faire. C’est dire que la mission du Triumvirat n’est pas encore arrivée à terme. 

Ousmane BALLO

Source : Ziré