Selon la Coordinatrice Humanitaire pour le Mali, Mme Mbaranga Gasarabwe, à cause de l’insécurité  grandissante au Mali, le nombre de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire a passé de 3,2 millions à 3,9 millions. Elle a donné ces précisions au cours d’une conférence de presse tenue ce 17 Décembre 2019 au siège du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unis au Mali (OCHA-Mali).

Axée sur la protection des civils à travers des actions humanitaires comme l’aide alimentaire, la santé, l’éducation et l’appui aux actions de développement de base, la communauté humanitaire est présente dans pratiquement tous les secteurs du Mali où le besoin se fait sentir, cela en collaboration avec l’Etat malien. Pour cette conférence de presse de fin d’année de la communauté humanitaire au Mali, trois thématiques étaient à l’ordre du jour, à savoir la persistance de la situation sécuritaire aggravant les atteintes à la protection des civils et la vulnérabilité des populations vivant dans les zones affectées ; la détérioration de l’insécurité alimentaire et la malnutrition par endroits ; et enfin le financement toujours insuffisant pour soutenir les actions humanitaires.

Selon la coordinatrice, les violences liées aux conflits engendrent de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Une chose, qui, selon la cheffe de la communauté humanitaire au Mali, affecte sérieusement la protection des civils qui continuent d’être tués, blessés et forcés à des déplacements multiples et de longue durée. «De plus en plus, les conflits viennent aggraver l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, jadis causée par les aléas climatiques défavorables et les faibles opportunités socio-économiques. Dans la région de Mopti, par exemple, 20% des villages n’ont pas pu cultiver ou ont peu cultivé cette année », explique Mme Mbaranga Gasarabwe.

A en croire la coordinatrice, l’insécurité grandissante que vit le Mali ne fait qu’accroitre le taux de la vulnérabilité des populations, car selon elle, au début de l’année 2019, les personnes ayant besoin d’assistance humanitaire étaient estimées à 3,2 millions, un chiffre qui s’est finalement gonflé en atteignant les 3,9 millions de personnes. « Par rapport au début de l’année, le nombre de personnes touchées par l’insécurité alimentaire a triplé. Actuellement, 650 000 personnes sont en insécurité alimentaire sévère et 2,9 millions à risque. Durant la période de soudure, entre juin et août, les projections indiquent qu’au moins 1,1 million de personnes seront sévèrement touchées et 3,7 millions seront à risque », a alerté Mme Gasarabwe.


A cela, s’ajoutent les plus de 199 000 personnes déplacées internes dont plus de 100 000 nouveaux déplacements en 2019.  Un mouvement de population qui a durement affecté l’éducation, car  selon les données recueillies auprès des responsables du système éducatif, 365 000 enfants sont affectés par la fermeture de plus de 1 200 écoles à travers les zones d’insécurité entre le Nord et le Centre du pays.

Ainsi compte tenu de l’enjeu et en dépit des efforts consentis, les responsables de la communauté humanitaire demandent plus de mobilisation des bailleurs courant 2020, car cette année sur les 324 millions d’euros recherchés, seulement 160 millions d’euros ont été mobilisés, soit 50% du budget prévisionnel. Lors de cette conférence, la coordinatrice était accompagnée des différents responsables des organisations humanitaires présentes,  à savoir : l’OMS, UNICEF, PAM…

Amadou Kodio/ Afrikinfos-Mali