Je n’ignore pas qu’il existe ceux qui ne prennent la plume que pour faire mal, pour casser, pour démolir, pour provoquer des confrontations, des affrontements, des conflits. Très souvent par procuration. Très souvent contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Très souvent contre la morale et le bon sens. Très souvent avec la complicité d’organes de presse mercenaries qui vendent leur âme à des hommes politiques d’occasion. Mais ceux-là sont comme ces écueils naturels qui jonchent toute voie qui mène au bonheur, au succès, à la consécration. Nous ne devons pas nous laisser distraire, ni par leur mépris pour notre pensée, ni par la violence de leurs propos à notre égard. Il faut garder à l’esprit le but de notre mission. Tant que nous sommes convaincus de sa noblesse. Le vrai courage, ce n’est ni de suivre le courant de l’eau pour démontrer notre obséquiosité, ni d’aller à contre-courant pour démontrer notre capacité à nous opposer à un certain ordre. Le vrai courage réside dans notre détermination à défendre le bien-fondé de nos idées et à nous y accrocher fermement sans céder à aucune forme de pression possible.  Dans un monde comme le nôtre, qui s’effondre, parce que toutes les grandes valeurs, culturelles et sociétales s’y effritent, il faut oser écrire pour mettre la pendule à l’heure quand il le faut. Il faut oser exprimer son indignation face à la méchanceté gratuite des plus forts face aux plus faibles. Il faut oser être la voix des sans-voix pour porter leur parole jusqu’au cœur du pouvoir. Oui, il faut oser… Mais, il faut aussi rester vigilant ! Parce que le pouvoir a les bras long et qu’il peut user de tous les stratagèmes possibles pour nuire. Moralement ou physiquement. Il ne s’agit pas d’avoir peur, mais d’être prudent. Car, partout où il y a des Chebeya, on peut trouver des Kabila. Comme partout où naît un Sankara, un Compaoré peut surgir. “Le loup est ailleurs que dans les bois”, écrivait le poète. Et il a tellement raison !

Ecrivons donc. Pour nous défouler, pour nous vider du trop-plein de "gaz carbonique" qui nous étouffe et remplit notre sommeil de cauchemars monstrueux. Ecrivons pour revitaliser notre esprit et positiver notre pensée. Parce qu’une pensée étouffée fait de notre cerveau un dangereux foyer de tension. Mais écrivons surtout pour partager. Principalement avec ceux qui souffrent. Pour leur dire que nous sommes à leurs côtés. Que nous avons de la compassion pour eux. Que nous sommes solidaires de leur misère et que nous travaillons à ouvrir les yeux du monde sur eux, pour leur venir en aide. Parce que, comme l’a dit un sage, si "un bonheur à deux est un double bonheur, une souffrance à deux est une demi-souffrance".

Merci à tous ceux qui ont du plaisir à nous lire, au fil de noshumeurs épanchées et nous encouragent. Merci aussi à tous ceux qui nous insultent et nous traitent de tous les noms d'oiseaux, parce que, comme une girouette rebelle, nous refusons d’aller dans le sens de leur vent. Ces derniers nous aident à comprendre que jamais nous ne devons changer de chemin. Nul ne peut cacher le soleil avec la main. A bon entendeur...

Minga S. Siddick

Source: Ziré