L’annonce est faite par le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, le 30 novembre 2019 lors d’une adresse à la nation. « En saluant du fond du cœur l’équipe en charge de la préparation de ce Dialogue inclusif, trois hommes et une femme, tous de mission, d’engagement et de perspicacité, je voudrais convier toutes et tous au lancement officiel du Dialogue National Inclusif le 14 décembre, au Palais de la Culture Amadou Hampaté Bâ », a précisé le chef de l’Etat.

 Désormais le compte à rebours est bien lancé pour ce grand rendez-vous. Mais pour l’heure, difficile de dire avec certitude que la rencontre bénéficiera de l’adhésion de toutes les forces de la nation. D’autant plus qu’une grande partie de l’opposition politique et de la société civile reste toujours campée sur sa position de ne pas prendre part aux échanges. Le mieux serait de mobiliser tout le monde afin que ce dialogue puisse être vraiment inclusif.

Certes malgré ces distensions, des rencontres préparatoires ont pu se tenir dans 605 communes, 46 cercles, dans les 6 communes du District de Bamako, les six régions administratives et le District de Bamako et dans les 25 ambassades et consulats du pays à l’étranger, mais il faut reconnaître que la crédibilité de ces rencontres au plan national dont l’ouverture est annoncée le 14 décembre prochain, va dépendre du niveau de participation aux débats.

Au regard de la situation actuelle, la nécessité pour tous les fils et files du pays de l’intérieur comme de l’extérieur à se retrouver et de se parler dans toute franche permettant de faire des propositions concrètes de sortie de cette situation, n’est plus à démontrer. C’est pourquoi, il est important de souligner que ce processus fait appel à l’engagement patriotique qui consiste à mettre le Mali au dessus de toute considération personnelle.

Sans cela, tous les efforts déployés depuis 2013 en faveur de la paix et de la cohésion sociale seront vains. Or, il faut reconnaître que ce Dialogue National Inclusif est considéré comme l’ultime occasion pour l’ensemble des Maliens de se retrouver pour débattre sans langue du bois de toutes les questions concernant la vie de la nation. Cela après le quasi échec de la Conférence d’Entente Nationale, organisée en 2017 à Bamako.

Pour gagner ce pari, une fois de plus, nous devons mettre de côté l’orgueil et faire de nos différences de vrais atouts permettant de découvrir les problèmes des uns et des autres à l’intérieur comme à l’extérieur et trouver ensemble les solutions idoines adaptées aux réalités actuelles du pays. C’est de cela que le Mali trouvera son salut afin d’amorcer un vrai développement harmonieux et durable dans le vivre ensemble. Une fois de plus, il est encore temps pour mieux faire en prenant en compte toutes les sensibilités afin d’éviter des concertations bâclées dont les résultats pourraient être des sources de divisions.

Ousmane BALLO

Source : Ziré