Depuis l’annulation de la tenue de la 38ème session prévue à Kidal  le 17 septembre 2019 et le départ de son ancien président, Ahmed Boutache, le Comite de suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali (CSA) est en arrêt technique avec bientôt trois mois sans réunion (septembre, octobre et novembre). Selon nos sources, l’actuel ambassadeur de l’Algérie au Mali qui a remplacé Ahmed Boutache, tarde à donner le signal.

Du côté des groupes signataires et  du gouvernement silence radio. Au même moment, les attaques meurtrières ont repris au nord. Il s’agit principalement de celles de Tabancort à la frontière nigérienne qui a fait plus de 40 morts et de Indelimane faisant 54 morts dans la région de Gao. Aussi, l’ONU, de son côté, exhorte les parties signataires à accélérer la mise en œuvre effective dudit Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale.

Ce qui est évident, c’est que cet arrêt inattendu est le fait que ce comité soit trop politisé au point que les représentants des mouvements armés en ont fait un tribunal ou un lieu de revendications des intérêts sociopolitiques qui concernent directement leurs différentes communautés. C’est pourquoi, le 15 juillet 2019,  lors de la session du Comité de Suivi de l’Accord (CSA), un leader du Mouvement Arabe de l’Azawad (MAA), membre de la plateforme, a été chassé de la salle pour indiscipline. Les autres membres lui ont été solidaires et ont boycotté la session.

C’est ainsi que le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé, a tenu à préciser qu’il n’est plus question d’accepter un autre mouvement au sein du CSA quelles que soient les raisons exprimées. Depuis cette date, l’on est dans une logique de faux fuyants et de volte-face du côté des mouvements armés. D’abord le 17 juillet 2019, le drapeau national a été profané et brûlé par des manifestants à Kidal, une ville où l’Etat est quasiment absent et qui se trouve sous le contrôle des éléments de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA).

Aussi, l’exhibition des armes de guerre au cours d’un défilé militaire organisé par le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), en marge de son 2ème congrès statutaire tenu du 26 au 28 octobre 2019 à Kidal,  entre toujours dans le cadre de cette logique de faux fuyants entretenue par ce mouvement. Pire, selon plusieurs sources, le même mouvement aurait participé directement ou apporté un soutien logistique à l'attaque de la position de l’armée malienne le 1er novembre 2019 à Indelimane faisant, 54 morts.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces attaques ont repris au moment même où le comité de suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali (CSA) a cessé de fonctionner. Toutes choses qui sèment davantage le doute autour de la sincérité des mouvements armés dans la mise en œuvre dudit Accord.

Ousmane BALLO

Source : Ziré