La fin de la semaine dernière, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), a reçu à Koulouba, deux responsables de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA). Il s’agit de Alghabass Ag Intalla et Sidi Brahim Ould Sidatt. Selon nos sources, cette rencontre, loin des caméras, a été restreinte et discrète, car aucun ministre n’y a participé. 

De cette rencontre, rien n’a officiellement filtré. Aucune déclaration sur ce que le président et ses visiteurs se sont dit, aucune  décision prise n’a été non plus rendue publique. La moindre chose que l’on puisse imaginer, c’est qu’il pourrait s’agir de vider les incompréhensions ou les zones d’ombre autour de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation afin de permettre le redémarrage des activités du Comite de suivi de l’Accord (CSA) en arrêt depuis septembre 2019. Il peut aussi s’agir des questions concernant le dialogue national inclusif auquel la CMA a officiellement suspendu sa participation. 

Ce qui est sûr, le chef de l’Etat qui avait annoncé qu’il n’y aura aucune barrière entre lui et les mouvements signataires de l’Accord, venait de faire plus de cinq mois sans les recevoir. Aussi, des décisions et déclarations publiques du président de la République commençaient à provoquer la colère au sain de la Coordination des Mouvement de l’Azawad (CMA). 

D’abord, lorsqu’IBK a évoqué, dans son discours à la nation à l’occasion de la célébration du 59e anniversaire de l'indépendance du Mali, une possible révision de certaines dispositions de l’Accord pour la Paix et la réconciliation, les responsables de la CMA ont toute de suite dénoncé cette décision et ont suspendu leur participation aux travaux du dialogue national inclusif. « Aucune disposition de l’Accord ne peut faire objet des renégociations par la seule volonté d’une seule partie. Nous déplorons que le président de la République ait fait cette annonce sans concertation et sans que cela ne soit le produit d’un consensus entre les parties signataires », avait déclaré Mossa Ag Attaher, porte-parole de la CMA. 

De même, l’annulation de la tenue de la 38ème session du CSA prévue à Kidal le 17 septembre 2019 par le président IBK avait aussi choqué les responsables de la Coordination des Mouvement de l’Azawad (CMA). Ainsi, dans une déclaration diffusée le 16 septembre 2019, la CMA avait précisé : « La Coordination des Mouvements de l’Azawad demande une réunion urgente et avant toute autre étape avec la communauté internationale et les autres parties de l’accord dans un lieu neutre pour clarifier l’ensemble des questions pendantes, notamment la ‘’raison d’Etat impérative’’ qui a motivé l’annulation de la 38ème session du CSA, afin de procéder à une évaluation transparente de la situation actuelle et de la gouvernance de l’accord. » 

Au regard de ces situations comme tant d’autres dans les halls de Koulouba jusqu’à Kidal, l’on peut dire sans se tromper que ce tête-à-tête avait pour but de calmer les esprits afin que l’ensemble des mouvements armés signataires de l’Accord puisse se retrouver pour poursuivre le processus de la paix. Mais, nous le saurons davantage dans les prochains jours. 

Ousmane BALLO

Source : Ziré