La présidente de Hèra Fondation, Me Nadja Myriam Biouélé, avocate à la Cour, était l’invitée de l'Association des Professionnels de la Presse en Ligne du Mali (APPEL-Mali) le 25 novembre 2019 à son siège, sis à ACI 2000. Au cours de cette rencontre, l’avocate a estimé que pour lutter efficacement contre les violences basées sur le genre (VBG), il faut forcément durcir les textes en la matière.

Ce face-à-face entre les journalistes et l'avocate a duré au moins une heure de temps. Ainsi, il a été question de la journée internationale de lutte contre la violence basée sur le genre et surtout avec un accent particulier sur les violences faites aux femmes au Mali et dans le reste du monde.  « Notre rôle, le rôle de la fondation, c'est d'apporter une assistance juridique à des femmes victimes de violences conjugales, de violences sexistes et celles basées sur le genre. Ainsi de nos jours,  nous avons près de 200 personnes à qui nous apportons une assistance juridique », a-t-elle déclaré. 

Selon l'avocate, les actions de Hèra Fondation sont plus axées sur le soutien aux femmes victimes de ces violences. « Pourquoi seulement les femmes? C'est parce que le ratio est incomparable. Les femmes sont beaucoup plus victimes que les hommes en général. Peut-être que les hommes ne dénoncent pas, par complexe ou pour d'autres raisons, mais il est clair que le cas des femmes est beaucoup plus répandu que celui des hommes »,a-t-elle ajouté.

Dans ses propositions pour minimiser ce déséquilibre social et aller un peu vers plus de protection des femmes au sein de la société, la présidente de Hèra Fondation estime qu'il faut durcir les textes, même si elle pense que cela ne pourrait aboutir sans l'implication des victimes en question. « Pour lutter contre les VBG, il faut durcir les textes. Il faut travailler à durcir les textes visant à sanctionner les actes violents que subissent les femmes dans la société, dans leurs foyers. Nous, à notre niveau, on a proposé un avant projet de loi de répression de ces actes depuis novembre 2017 et jusqu'à présent, cela n'a rien donné. Mais, on ne s'est pas trop pourquoi »,souligne-t-elle. Par ailleurs, Nadja Myriam Biouélé encourage les femmes à dénoncer, mais à ne jamais répondre par la même violence.  

Interrogé sur le nombre de femmes victimes de violences conjugales au Mali courant 2019, Nadja Myriam Biouélé regrette que le manque de statistiques soit l'un des principaux défauts au Mali. « Il y a beaucoup d'ONG et d'associations qui travaillent pour la question, mais malheureusement, les statistiques sont très peu réunies et c'est l'un des principaux problèmes au Mali. Nous savons toutefois qu'il y a beaucoup de cas »,témoigne-t-elle.

Parlant de son métier d’avocate, Me Nadja a également tenu à préciser: « Pour être très honnête, je n'ai pas choisi ce métier d’avocat, mais on s'est rencontrés (sourire). Parce qu’il est en moi de vouloir aider les autres. Donc, je ne pouvais être que soit journaliste soit avocate. »

Des échanges fructueux hautement appréciés par le président de APPEL-Mali, Modibo Fofana : « Cette semaine fait partie des semaines d’activisme pour la lutte contre les violences basées sur le genre et nous avons estimé que Nadja était l'une des personnes les mieux placées pour cette rencontre. En plus d'être femme, elle a fait de cette lutte son quotidien. Donc à mon avis, nous ne pouvions pas avoir mieux qu'elle pour débattre autour de ce thème », a-t-il précisé.

Amadou Kodio/Afrikinfos-Mali