Parce que le Mali va mal, comme beaucoup d'autres pays de la sous-région, parce que les repères se font de plus en plus rares, parce que des mots creusent dans nos maux des béances de plus en plus douloureuses, parce que nous avons relégué au dernier rang nos rites et rythmes qui devaient être nos parures de chef, parce que sur la verve virile de la verge vaillante de nos verbes de feu consolateurs, se couche l'ombre crépusculaire des jours sachants, j'ai libéré la Muse qui veut dire en slam sa nostalgie du tam-tam...

Tam-tam, où es-tu ?

 Tu t'es donc tu ?

 Toi dont le son donne le ton de la joie

 Je déplore ton absence

 Je pleure tes silences

 Quand le pays perd ses repères

 Quand le tonnerre de la haine fait trembler les terres de nos pères.

 Tam-tam,

Tam-tam, où es-tu ?

 Tu t'es donc tu ?

 Je ne t'entends pas tam-tam

 Toi dont la sainte cadence jouissive unit nos voix, nos cœurs et nos corps,

 Toi qui illumines nos nuits et rythmes nos jours au rythme de la vie qui rit, de la vie qui pleure,

J'implore ta clémence,

 Je réclame ta présence.

 Parce que Rossignol, je veux chanter la paix au rythme de ta voix,

 Parce que Colombe, je veux porter loin tous les messages de paix au rythme de ta voix,

 Paix, ô précieuse parure qui a disparu

Quand la haine dans les cœurs est apparue !

 Tam-tam,

 Appelle le Mali à la Paix,

 Ramène la Paix au Mali,

 Et honni soit qui mal y pense !

 Sur le visage de sa résilience,

 Je veux lire le sourire de l'Espérance,

 Pour que de joie jubile mon cœur.

 Je n'entends pas ta voix tam-tam,

Mais j'entends des cris,

 J'entends les rumeurs des clameurs des horreurs qui couvrent des pleurs,

Heures sombres que celles de la haine

 Où se chantent les rengaines de la folie

 Qui se déchaîne contre les valeurs de la vie

 Déchirant le tissu fragile de l'amour assommé

 Sur le seuil du soi

 Déchirant le cœur fébrile de l'humain humilié / Mille fois honni

 Tombé de l'échelle de sa grandeur divine.

 Mais, tam-tam n'goni kora ou guitare

 Ce n'est pas si tard !

On peut sauver la vie et sauver les valeurs,

 On peut saisir des chances et s'offrir des choix,

On peut recoller les morceaux et guérir les fractures,

 On peut se rassembler à nouveau et entonner ensemble la plus belle polyphonie pour la Paix !!!

Oui. Mais cette Polyphonie pour la Paix ne peut être possible que si chaque fils de ce Grand Mali, ce nom Maliba tant loué, tant clamé, tant chanté, mais hélas tant galvaudé, si chaque fils de ce Maliba dis-je, prend conscience de ce que la sauvegarde des valeurs qui ont fait la renommée d'un pays ne se nourrit pas de simples réminiscences rabâchées de gloires antiques dues à des héros disparus, mais surtout de nouveaux sursauts d'orgeuil intelligents inspirés de ces héros, pour reconquérir la dignité du pays en voie de bafouement. A bon entendeur...

MINGA S. Siddick

Source: Ziré