A un mois de lattaque contre une opposition des forces armées du Mali à Boulkessi dans le cercle de Douentza qui a fait officiellement 38 morts, le camp militaire à Indelimane, cette fois-ci au nord du pays dans le cercle d’Ansongo du côté de Ménaka, a été également attaqué le 1er novembre 2019 et dont le bilan officiel fait état de 54 morts, dont un civil, 10 rescapés et des dégâts matériels importants. Ce qui est absurde, cest que ces zones où l’armée malienne est régulièrement attaquée, sont occupées depuis plus de trois ans par la force Barkhane ou Minusma qui ont toujours fait croire quelles y mènent régulièrement des patrouilles militaires.

En parlant de l’attaque récente, celle du camp militaire à Indelimane, situé entre Ménaka et Ansongo et qui a provoqué la mort de 53 militaires, comme d’autres attaques terroristes, l’on se rend compte que l’armée malienne bénéficie rarement du soutien de ses partenaires (Barkhane et Minusma) au bon moment et au bon endroit. Entre Gao et Ansongo, il faut calculer seulement 96 Km et 219 Km entre Ansongo et Ménaka. Trois localités où se trouvent actuellement la force Barkhane dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la Minusma pour son soutien à la stabilité dans notre pays.

Tout d’abord, la force Barkhane est déployée à Gao, à travers un groupement tactique interarmes (GTIA) composé de plus de 1000 soldats (chiffre officiel). Cette unité est un rassemblement coordonné autour d’un régiment noyau des différentes armes de l'armée de terre française (infanterie, artillerie, cavalerie, génie), permettant de conjuguer des savoir-faire et des missions multiples pour atteindre un objectif tactique bien défini qui est de vaincre les groupes armés terroristes sur le territoire malien et dans le sahel. Ladite force opère dans le secteur de Gao jusqu’au cercle de Gourma-Rharous dans la zone adjacente du Gourma, frontalière du Burkina Faso.

Ensuite, Gao, Ansongo et Ménaka constituent aujourd’hui le Secteur Est de la Minusma présente au Mali avec un effectif global de force d’interposition estimé à 12 647 militaires et 1 753 policiers. Malgré la présence de l’ensemble de ces forces, c’est l’armée malienne qui a toujours été attaquée, souvent sans soutien et dans des conditions difficiles à expliquer. Pire, malgré les patrouilles annoncées par la force Barkhane comme la Minusma dans lesdites zones, les terroristes continuer de circulent sur des motos et autres véhicules avec des armes sophistiquées. Une diversion ? En tout cas ces patrouilles n’ont, à présent, rien changé dans la situation sécuritaire du pays.

La preuve : lors de l’attaque du camp militaire de Indelimane, les assaillants se sont d’abord servis des obus qu'ils ont, dans un premier temps, tiré contre le camp avant de converger vers les positions de l’armée en petits groupes, tous bien armés et sur des motos. L’on se demande souvent, comment est-ce que ces groupes armés arrivent-ils à se procurer des telles armes dans des zones où sont déployées les forces étrangères ? D’aucuns répondraient certainement qu’ils les ont récupérées des mains de l’armée malienne au cours de leurs différentes attaques meurtrières. Mais, comment arrivent-ils à faire leurs mouvements avec ces armes sans être aperçus par les appareils de reconnaissance des mêmes forces étrangères ? 

De toutes les manières, la force Barkhane est aujourd’hui suffisamment équipée pour pouvoir partager avec les forces armées maliennes les informations sur les mouvements ou les déplacements de tous les groupes armés sur le terrain et aider également notre armée à se défendre et à lutter efficacement contre les groupes terroristes présents sur l’ensemble du territoire national. D’autant plus que cela fait partie des missions de ladite force dans notre pays.

Une attaque planifiée !

Toujours parlant de l’attaque de ce 1er novembre 2019 à Indelimane, il revient à préciser qu’elle s’est déroulée exactement à un mois et deux jours après celle de Boulkessi. C’est dire que les assaillants avaient minutieusement préparé leur coup sans que l’armée malienne ne s’en rende compte. Les forces étrangères (Barkhane et Minusma) qui opèrent dans le secteur il y a plus de trois ans, ne sont-elles pas non plus en mesure de fournir de vrais renseignements aux forces armées maliennes? Ou alors un désintéressement qui consiste à faire croire à ceux-là qui leur sont hostiles et qui réclament leur départ, que l’armée malienne n’est pas capable de réussir seule sur le terrain ? Une chose est sûr, la vérité finira par se faire savoir tôt au tard.

Ousmane BALLO

Source : Ziré