Depuis le 4 novembre 2019, les maires du District de Bamako sont en grève jusqu’au 10 novembre prochain. Cet arrêt de travail contre toute attente de la population, est une manière, selon le Syndicat mixte de l’intercollectivité ‘’Grand Bamako’’, de soutenir le maire du District de Bamako, Adama Sangaré, ceux de Baguinéda et de Mountougoula, ainsi que deux élus de la Commune I. 

La raison évoquée le 1er novembre 2019 par le syndicat par la voix de sa vice-présidente, Mme Karembé Rokia Diarra, est que plusieurs projets ont été entamés par la mairie du District de Bamako. Il s’agit principalement de la création de la société de transport collectif par bus ‘’Boniaba’’ destinée à la ville de Bamako. Ainsi, selon ledit syndicat,  son premier responsable, Adama Sangaré, ne méritait pas d’être interpellé. De même les responsables du Syndicat mixte de l’intercollectivité ‘’Grand Bamako’’ pensent que la mise en liberté desdits élus n’entrave en rien la manifestation de la vérité des affaires devant la justice. 

Certes, ce sont des grands projets dont la réalisation permettra de soulager davantage les populations de la ville de Bamako, mais cela ne peut et ne doit en aucun cas être une raison pour tenter de perturber une procédure judiciaire déjà en cours. En acceptant d’aller en grève, les maires ont juste choisi de trahir la confiance des populations qui les ont élus. De même, ils ont perdu la conscience politique envers leurs électorats pour qui ils travaillent. Le personnel des mairies, composé de fonctionnaires des collectivités et des contractuels, peut décréter une grève pour l’amélioration de leurs conditions de travail, mais que les maires eux-mêmes décident de faire un arrêt de travail, c’est la pure insulte qu’un élu politique puisse faire à son électeur qui a placé en lui son entière confiance pour gérer les affaires locales.    

Les champs d’accusations de chacun des présumés accusés étant déjà connus de tous, c’est plutôt aux autres collègues de fournir des preuves d’innocence ou de non culpabilité aux avocats de la défense avant le jour du jugement. Cela devrait être le combat de l’ensemble des élus du Mali afin de prouver à l’opinion nationale que la fonction de maire n’est pas forcément entachée de spéculations foncières, comme beaucoup le font croire. 

Il faut, tout de même, reconnaître que cette démarche, initiée par les maires de Bamako dont le but n’est autre que de distraire, est très mauvaise en soi. C’est pourquoi les populations du District doivent leur demander des comptes. Que ces maires qui se sentent déjà menacés par le violent vent de lutte contre la corruption et de la délinquance financière  s’apprêtent à se défendre autrement au lieu de priver les populations de leurs droits. Ce qui est sûr, c’est une première au Mali de voir un maire aller en grève quels qu'en soient les motifs. Donc jusqu’au 10 novembre 2019, il n’aura pas de signature de document, ni célébration de mariage. Toutefois, le personnel des six Mairies du district continue de travailler en en attendant le retour des élus.

Ousmane BALLO

Source: Ziré