Le vendredi dernier, le poste militaire de Indelimane (Ménaka) a subit une violente attaque menée par des hommes armés. Le bilan est extrêmement lourd: plus d’une cinquantaine de soldats tués, de nombreux blessés et des portés disparus. Cette attaque meurtrière qui intervient quelques semaines seulement après l’attaque du camp de Boulkessi (97 soldats tués) suscite l’émoi dans tout le pays. Aujourd’hui, l’armée est la cible à la fois de groupes djihadistes (au Centre) et des groupes armés (au Nord). Cette spirale de violence laisse un Mali sans voix et sans espoir.    

Indelimane, en ce vendredi saint, la petite bourgade est sous le feu. La localité est secouée par des détonations des canons et le crépitement des armes. La principale cible visée par les assaillants est le poste militaire, où les FAMAs sont stationnés.

Pendant près de deux heures, les assaillants (dont on ignore le nombre) s’attaquent à tout ce qui représente le symbole de l’Etat. Les soldats sont particulièrement visés par la meute d’agresseurs !

Face au nombre élevé des assaillants et à leur puissance de feu, les soldats de l’armée régulière sont contraint d’abandonner le poste, après avoir tenté (en vain) de résister.

Après l’attaque, le bilan est très lourd du côté de l’armée. En effet, l’on déplore plus d’une cinquantaine de morts, des blessés et des portés disparus. Aussi, des dégâts matériels sont signalés.

Il a fallu attendre un communiqué du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement dans la soirée pour disposer une réaction officielle sur cette attaque. Mais, ce communiqué ne précise pas le nombre de nombre : « Le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion nationale et internationale que ce vendredi, 1er novembre 2019, la position des FAMa d’Indelimane, dans la localité d’Ansongo, secteur de Ménaka, a fait l’objet d’une attaque terroriste, qui a fait des morts, de nombreux blessés et des dégâts matériels importants du côté des Forces nationales de Défense et de Sécurité. Des renforts ont été dépêchés pour sécuriser la zone et traquer les assaillants… ».

Autre réaction ? C’est celle du principal parti de l’opposition, l’URD, qui indique dans un communiqué : « L’Union pour la République et la Démocratie (URD) a appris avec consternation et inquiétude que des hommes lourdement armés ont attaqué le 1er novembre 2019 le camp de l’armée Malienne à Indelimane sur l’axe Ansongo- Menaka , faisant plus de 50 morts et des blessés dans les rangs de l’armée. Beaucoup de matériels de l’armée ont été emportés et ou endommagés par les assaillants.

En cette douloureuse circonstance, l’URD présente ses sincères condoléances à l’Armée Malienne, aux familles des disparus et souhaite également un prompt rétablissement aux blessés. Le parti leur exprime sa compassion et sa solidarité.

L’URD condamne cette attaque ignoble et barbare dont la récurrence et le mode opératoire réveillent les tristes souvenirs de celles perpétrées récemment contre les positions de notre armée à Dioura et à Boulkessi… ».

Pour sa part, l’imam Mahmoud Dicko a annulé son forum avec la jeunesse qu’il devait organiser, le samedi dernier.

L’attaque d’Indelimane intervient quelques semaines après celle de Boulkessi. En effet, dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre derniers : Les FAMas ont été attaquées dans cette localité (au Centre). Ce sont des éléments du groupe terroriste, Ansaroul Islam, qui ont lancé l’assaut à Boulkessi contre les militaires. Après de violents combats durant plusieurs heures, les assaillants ont pris le contrôle du camp. Au même moment, à Mondoro, situé à une centaine de kilomètre de Boulkessi, une autre attaque a visé un autre détachement de l’armée. Le bilan de ces attaques fait état de 97 morts, 78 disparus, une trentaine de véhicules emportés et/ou détruits.

En plus de ces localités (Indelimane, Boulkessi, Mondoro), l’armée a été la cible d’autres attaques, notamment 0 Guiré (Nara) ou encore à Dioura (Mopti).

A chaque fois, le bilan est lourd en vie humaine pour nos soldats qui paient le lourd tribu de ces attaques menées au Centre et au Nord.

Mohamed Sylla

Source : L’Aube