Bras de fer entre l’administration pénitentiaire et les surveillants de prisons. Ces derniers dénoncent les conditions d’affection à la nouvelle prison de Kinièroba, dans la région de Koulikoro. Cet établissement pénitencier qui vient d’être construit, devrait « favoriser le désengorgement de la prison centrale de Bamako », selon les autorités. Mais les surveillants dénoncent des « conditions sécuritaires à haut risque ». Selon eux, la prison de Kiniéroba ne répond pas aux normes pour être opérationnelle. Un avis loin d’être partagé par l’administration pénitentiaire.

« La capacité d’accueil de la maison d’arrêt de Bamako est de 400 détenus, mais elle est occupée aujourd’hui par plus de 2000 individus. Voila pourquoi nous croyons que la prison de Kiniéroba vient à point nommé», expliquent les autorités judiciaires. Selon Ibrahim Tounkara, directeur de l’administration pénitentiaire, à ce jour, environ 200 détenus ont déjà été transférés sur le site de Kinièroba.
La section syndicale des surveillants de prisons du Mali ne voit pas de cet œil. Elle dénonce les conditions d’ouverture de cette nouvelle prison. « Cet établissement pénitencier ne répond pas aux normes », regrettent les surveillants de prison. « Nous ne pouvons pas comprendre qu'en cette période de crise qu'on puisse aller ouvrir un tel établissement en plein chantier, et qui est à 73 kilomètre de Bamako. Et surtout il n'y a pas une base militaire, il n'y a pas un poste de sécurité adéquat qui peut intervenir en cas d'attaque terroriste au sein de l’établissement », dénonce le Secrétaire général de la Section Syndicale des Surveillants de Prisons du Mali. Selon Lieutenant Daouda Konaté, la prison de Kinièroba ne peut pas recevoir des détenus, à fortiori d’accueillir d'autres personnels. « Nous sommes au regret de vous annoncer donc, que nous n’allons jamais accepter que nos éléments soient jetés à la boucherie pour quoique ce soit », conclue le syndicaliste.
Les autorités judiciaires démentent ces allégations. Selon elles, des dispositions sont prises pour rendre le site habitable, en respectant les textes relatifs au respect des droits de l’Homme. «Un nombre important de surveillants de prison a été déployé pour sécuriser la prison de Kinièroba », nous explique le directeur national de l’administration pénitentiaire.
Rappelons qu’une prison dans la même région de Koulikoro a été la cible d’une attaque terroriste en 2016. Des nombreux détenus ce sont évadés, a cette occasion. Beaucoup d’entre eux sont toujours dans la nature, aux dernières nouvelles.
Les centres pénitenciers doivent répondre à des normes universelles conformément aux conventions signées par le Mali. Ces normes vont de la dotation de la prison en centre médical, aux conditions d’accueil et de nourriture des prévenus. Au Mali, ces normes ne sont pas toujours respectées, selon les défenseurs des droits de l’Homme.

Source : Studio Tamani