Le 28 octobre 201,  a eu lieu à la Cour d'Appel, l'ouverture de la deuxième session de la Cour d'Assises de Bamako en présence du ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, garde des Sceaux, Malick Coulibaly. Une deuxième session qui s'ouvre avec au total cent trente un dossiers pour cent soixante huit  accusés dont cent dix sept en détention provisoire.

Deuxième du genre dans l'année judiciaire 2018-2019, cette  session de la Cour s'ouvre à un moment historique et très particulier de la justice malienne avec les vagues d'arrestations des hauts cadres de l'État par le Pôle Économique et Financier et cela pour plusieurs raisons. Pour l'instant la deuxième session qui s'est ouverte ce lundi 28 octobre et qui prendra fin à mi-novembre entame ses travaux avec 131 dossiers. Crimes de sang; infractions contre les mœurs ; infractions contre les biens compliqués d'association de malfaiteurs et de violence ; infractions de terrorisme ; traite des personnes etc. Ces affaires quasi-criminelles et reparties en catégorie seront soumises aux juges pendant cette période d’assises.

En tout, il s’agit de cent trente une affaires pour cent soixante huit accusés dont cent dix-sept en détention provisoire. En ce qui concerne les crimes de sang, il a été enregistré seize assassinats ; sept meurtres ; treize coups mortels ; deux coups et blessures volontaires aggravés ; cinq infanticides et un empoisonnement.

En infraction contre les mœurs, l’on note vingt viols ; douze pédophilies et un  attentat à la pudeur. En termes d'infraction contre les biens compliqués d'associations de malfaiteurs et de violences, la justice a enregistré dix vols qualifiés ; trois atteinte aux biens publics et deux cas de blanchiment. Les  infractions de terrorisme concernent seize dossiers. En ce qui concerne l'infraction contre la Notion de l'État et la paix publique, il a été enregistré dix cas de faux et usage de faux ; quatre traites des personnes ; deux incendies volontaires ; deux trafics de stupéfiants ; un enlèvement de personnes et un cas d'utilisation et de distribution de signes monétaires contrefaits.

Pour le procureur général près la Cour d’Appel de Bamako, Idrissa Arizo Maïga, au constat de la revue statistiques des affaires proposées à l'examen de la Cour, il apparaît clairement la prépondérance et la propagation de la violence comme mode d'expression de beaucoup de concitoyens. « Sous des formes variées, ses manifestations les plus graves vont de l'atteinte à la vie, à l'intégrité corporelle à travers : assassinats,  coups mortels, meurtres, coups et blessures volontaires aggravés, terrorisme, viols en bande, pédophilie, etc. Toutes infractions qui, il y a peu de temps, étaient considérées comme extrêmes, à cause de leur rareté, mais qui aujourd'hui à cause de leur fréquence, et par leur récurrence inclinent à leur banalisation, parfois, aux faits divers », a-t-il déclaré.

Il poursuit en précisant que l'autre modalité de la violence concerne la publicité donnée aux crimes les plus horribles sur les réseaux sociaux. Pour  venir à bout à ses multiples dérives qui minent l'espace public de la société, le procureur général insiste sur l'application stricte et rigoureuse de la loi.

Parlant de la lutte contre la délinquance financière qui anime l’actualité avec ses interpellations, Idrissa Arizo Maïga a précisé : «Je termine mes propos en disant un petit mot de l'actualité brûlante de la justice à travers les affaires récentes du Pôle Économique et Financier; et ce, pour dire aux magistrats de ne jamais se laisser distraire par les commentaires, et les spéculations des citoyens. C'est leur droit. Le plus important, c'est que dans l'instruction de ses affaires, la rigueur de l'application de la loi et le professionnalisme prévalent, que la pusillanimité soit bannie, qu'une exacte application de la loi soit observée », a-t-il souligné.

Amadou Basso

Source: Ziré