Comment développer l'intégrité des institutions dans le secteur de la défense au Mali ? Tel est l'objectif de la deuxième Journée malienne de Leadership qui s'est tenue le 24 octobre 2019 à l'Ecole de Maintien de la Paix Alioune Blondin Beye.

Organisée par Transparency International en partenariat avec le Cercle de Réflexion démocratique International (CRI 2002), cette deuxième journée vise à  renforcer l’engagement des citoyens, à travers les organisations de la société civile, avec les institutions de défense pour promouvoir l’intégrité, la transparence et la redevabilité dans le secteur de la défense. Il s’agissait également de l’élaboration d’un agenda commun de lutte contre la corruption et le lancement du rapport sur l’analyse de l’intégrité des mécanismes de gouvernance du secteur de la défense au Mali.

Une deuxième journée de leadership qui s'est tenue en deux temps. D'abord, la cérémonie d'ouverture présidée par Dr Abdoulaye Sall, président de CRI 2002 et représentant National de Transparency International ; le coordinateur des chefs de quartier de Bamako, Bamoussa Touré et le représentant du ministre de la Défense et des anciens combattants, le colonel Ichaka Goïta. Puis, une conférence de presse pour expliquer aux hommes de médias le document élaboré par Transparency International à travers les acteurs de la société civile malienne sur le développement de l'intégrité dans le secteur de la sécurité et de la défense au Mali.

Selon Dr Abdoulaye Sall, président de CRI 2002, ces différentes activités concernent aussi les débats du Dialogue national Inclusif (DNI) qui constitue   l’un des grands chantiers du gouvernement dans le cadre de la recherche de la paix. Pour les acteurs de Transparency International, la corruption est sans doute l'un des facteurs-clés du conflit au Mali. « L'absence de la redevabilité vis-à-vis de la population, combinée à l'incapacité de l'appareil étatique à endiguer les réseaux de favoritisme internes, ont par le passé, alimenté deux coups d'État et favorisé une recrudescence des violations des droits de l'homme, ainsi qu'un environnement permissif du trafic transnational et de la criminalité organisée qui ont alimenté les conflits régionaux », relèvent-ils dans la synthèse de la journée.

Ces initiatives de Transparency International et du Cercle de Réflexion Démocratique International (CRI 2002) s’inscrivent en droite ligne avec le projet ‘’La gouvernance du secteur de la défense au Mali’’ qui, en dix-sept mois d’activités (juin 2018 à octobre 2019), a permis, non seulement d’explorer des pistes novatrices pour créer les conditions du sursaut national sur la gouvernance du secteur de la défense en vue de son amélioration, mais aussi d’ouvrir la voie vers la paix, la stabilité, la solidarité et la cohésion sociale. A en croire Dr  Abdoulaye Sall, ce projet a permis la mise en place d’un Forum des Organisations de la Société Civile-Défense Sécurité (FOSC-DS) et d’un plan d’action et d’indice  d’évaluation.

Au nom du Conseil spécial de TIDS, le général Patrice Nopens estime que la corruption et les conflits vont de pair, tout en réduisant l’efficacité des forces armées. Côté ministère de la Défense et des anciens Combattants, représenté par le colonel Ichaka Goïta, on estime que la bonne gouvernance occupe une place importante dans la gestion du secteur. Ainsi, il place tout son espoir sur cette journée permettant aux initiateurs et experts de formuler des propositions concrètes visant à aider les forces armées du Mali dans leurs missions.

Il faut aussi noter que cette 2ème Journée malienne de Leadership a permis de sensibiliser au moins quinze représentants (civils et militaires) du secteur de la défense sur les conséquences négatives de corruption dans le secteur de la défense.

Amadou Basso

Source: Ziré