Dialogue national inclusif, soutien aux déplacés, l’organisation du Maouloud, sont les trois thèmes sur lesquels nous avons eu une interview avec le président du Haut conseil islamique du Mali, Cherif Ousmane Madani Haïdara, dans sa somptueuse résidence de Banconi, en commune I du district de Bamako.
Le dialogue national inclusif a été le premier thème abordé au cours de cet entretien. A la question de savoir quel regard port-il sur ce processus, le guide religieux a répondu en ces termes : “Le dialogue pour nous est d’une importance capitale car pour tout différend, il faut que les parties se parlent pour se comprendre. Dans ce cas précis, je demande aux initiateurs, aux organisateurs de ce débat, de tout faire pour donner la parole aux sans voix, aux personnes opprimées, sans cela le dialogue ne sera pas inclusif”.

Le président du Haut conseil islamique a conseillé surtout de ne pas bâcler les travaux de cette rencontre. “Il faut avoir le temps nécessaire pour que chacun puisse s’exprimer à travers ce dialogue, sans cela les travaux vont perdre leur essence, parce que ce dialogue est selon moi une tribune pour que chacun puisse s’exprimer, faire des propositions pour que les Maliens puissent se retrouver. De tels travaux ne doivent pas être bâclés pour des contraintes de temps”, a soutenu le président du Haut conseil islamique. Aussi le premier responsable de la faitière des musulmans du Mali a rassuré tout le monde du soutien de leur organisation qui ne ménagera aucun effort, selon lui, pour que ce dialogue soit une réussite pour la stabilité de ce pays.

“Nous faisons cela parce que nous avons des soucis que nos frères puissent se retrouver, parler, se comprendre et c’est le Mali que nous avons aussi en commun”, nous a confié le président du Haut conseil islamique. Cependant, il a regretté le fait que leur organisation qui représente plus de 95% des Maliens n’ait pas été impliquée à hauteur de souhait dans le cadre du processus de préparation des travaux.

“C’est par patriotisme que nous nous sommes engagés à fond pour la réussite de ce dialogue et dès le début de ce processus, nous nous sommes engagés afin qu’il ne soit pas un échec. Pour cela, Dieu seul sait ce que nous sommes en train de déployer comme effort auprès des uns et des autres. Par contre, au moment où je vous parle, jusqu’à présent, nous n’avons aucune idée de ce qui est en train de se faire concrètement car on ne nous a rien dit or on dit que le Mali est composé à 95% musulmans.

Juste vous dire que le Haut conseil islamique n’a pas été consulté en rien, même si on nous a envoyé une carte d’invitation nous demandant de designer deux personnes au moment où les travaux proprement dits vont commencer. Pour nous, on devrait nous associer dès le début du processus pour qu’on trouve la meilleure formule afin que tout le monde aille à ce dialogue sans réserve“, a soutenu Cherif Ousmane Madani Haïdara, tout en réaffirmant à nouveau leur soutien à cette initiative.

Aussi pour la réussite de ce dialogue, le président du Haut conseil islamique a invité les autorités à ne laisser personne sur le quai. “Même ceux qui refusent de participer aux travaux doivent être écoutés pour connaitre les raisons de leur boycott, parce qu’ils ne peuvent pas dire aussi qu’ils ne participent pas sans donner des arguments. Pour moi, il est important que tous les acteurs prennent part à cette initiative” a insisté Haïdara.

Un besoin de 200 millions Fcfa pour les actions de solidarité

La solidarité a été le second sujet évoqué au cours de cet entretien et l’avis du premier responsable des musulmans sur le sujet est très clair. “Pour un musulman, la solidarité doit être une action quotidienne, l’islam recommande d’être solidaire envers nos voisins, nos frères et la communauté. D’ailleurs, si les autorités consacrent un mois à la solidarité, cette idée ne peut qu’être saluée et soutenue”. A en croire Cherif Ousmane Madani Haïdara, c’est l’imam Thiam qui a en charge les questions de solidarité au sein de la faitière des musulmans du Mali.

“Aujourd’hui, dans le cadre des actions envers ceux qui sont en difficulté, les besoins de celui qui a en charge ces questions de solidarité s’élèvent à environ 200 millions Fcfa. Ce montant servira à aider les déplacés de la crise sécuritaire de toutes les régions du Mali. Déjà, nous avons pu mobiliser plusieurs millions Fcfa et d’importants dons en nature dont la dernière en date est plus de 40 colis qui nous ont été offerts par les membres de Ançar Dine pour le Haut conseil islamique. Il est bien d’aider les déplacés, mais pour nous, il est urgent de penser aussi aux porteurs d’uniforme soit par des bénédictions soit des aides en nature afin qu’ils sortent victorieux de ce conflit” a fait savoir le leader religieux. Avant d’ajouter que les préparatifs vont bon train quant à l’organisation du Maouloud.

Kassoum THERA

Source: Aujourd'hui