L’actuel président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, et l’un de ses prédécesseurs et non moins ancien patron, Apha Oumar Konaré, se sont finalement rencontrés. Qu’est-ce que les deux personnalités se sont dit ? Difficile de s’aventurer sur le sujet avec précisions.

Mais, depuis, l’on ne parle que de réconciliation entre eux et les Maliens adorant les chemins courts et friands qu’ils ont des déductions faciles, tout le monde pense que «la fin de la crise est proche», et que Alpha est la solution. Manassa Danioko s’est même fendue d’une lettre marquée du sceau «confidentiel» et «très urgent» pour solliciter l’implication d’Alpha dans le processus de dialogue national en cours.

En réalité, ce qui s’est passé, c’est qu’IBK a insisté pour rencontrer Alpha, des notabilités maliennes sont intervenues, pour ce faire, ainsi que certains chefs d’Etat et anciens chefs d’Etat africains.

Mais, aujourd’hui, que peut-il Alpha en réalité ? Pas grand-chose. La seule et quasi-unique grande victoire qu’il peut obtenir n’est que personnelle. Il s’agit du réchauffement des relations entre lui et IBK. À part cela, ceux qui croient qu’il peut influer, positivement, sur la crise malienne, ramener la paix, rétablir la cohésion nationale et recoudre le tissu social, se trompent lourdement et cela pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que, et c’est l’un de ses premiers handicaps, Alpha, tout comme IBK, n’a jamais roulé que pour lui-même ; il ne s’est jamais soucié que de lui-même. N’est-ce pas lui qui, le premier, a mis à mal notre démocratie, stoppé le processus démocratique en foulant aux pieds le fait partisan, à travers son soutien appuyé à l’élection à la présidence de la République d’un candidat indépendant, non partisan, Amadou Toumani Touré ?

Aussi, Alpha Oumar Konaré, même s’il a continué à se renseigner et s’informer sur ce qui se passe dans le pays, est resté longtemps, par sa propre volonté, déconnecté des instances de décision du pays et l’on croit même qu’il a, en ne s’exprimant pas très souvent, trahi le pays et s’est rendu, par la même occasion, complice de ce qui arrive au Mali, en ce moment.

Comment les uns et les autres vont-ils percevoir sa soudaine irruption, après tant d’années de mutisme ? On a touché le fond, au vu et au su de l’ancien président de la République, sans qu’il ne pipe mot. Que peut-il donc faire pour se faire accepter des uns et des autres, pour se réhabiliter, et s’offrir une place confortable dans le cadre de la mission à lui demandée par Manassa et IBK ? Là est la question.

Makan Koné 

Source : Nouvelle Libération