En attendant que la justice se fixe sur leurs sorts, les présumés délinquants financiers continuent de faire de la Maison centrale d'arrêt de Bamako (MCA) leur Quartier Général (QG). Cela, à cause d’un certain Mamoudou Kassogué, procureur du Pôle économique et financier qui a juré de mettre fin à la corruption dans notre pays.

Après Bakary Togola, président de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture du Mali (APCAM), mis sous mandant de dépôt le 13 septembre 2019 dans l’affaire de détournement de ristournes destinées aux paysans dont le montant se chiffre à 9 milliards 462 millions 152 mille 71 francs CFA, le procureur du Pôle économique et financier, Mamoudou Kassogué, est toujours resté sur sa garde. Plusieurs autres personnes ont été également entendues pour des dossiers les concernant.

Le 17 octobre 2019, cinq personnes, dont le sous-préfet de Kati, Arouna Diarra et le maire de Baguinéda, Salia Diarra ont été aussi interpelées et mises sous mandat de dépôt à la Maison centrale d’arrêt de Bamako par le juge d'instruction du 5ème cabinet du pôle économique, toujours en collaboration avec le même procureur, Mamoudou Kassogué. Ils sont soupçonnés d’avoir détourné plus 150 millions de francs CFA. Ces arrestations interviennent alors que le vérificateur général signale dans son rapport de 2018 une irrégularité financière estimée à plus 529 millions FCFA au sein de la mairie de Baguinéda.

Aussi, le maire du district de Bamako, Adama Sangaré, a été placé en garde à vue le 21 octobre 2019 par le procureur du Pole économique et financier, Mamoudou Kassogué, avant d’être présenté devant un juge d’instruction le 22 octobre 2019 et mis finalement sous mandat de dépôt le même jour. Il est soupçonné d’avoir détourné un fonds public destiné à  l’embellissement  de la ville de Bamako en éclairage et  autres, dont le montant est estimé à plus de 400 millions de francs CFA. Donc, il a également fait son QG à la Maison centrale d'arrêt de Bamako.

Selon Clément Dembélé, président de la Plateforme contre la Corruption et le Chômage au Mali (PCC), dans le cadre de la lutte contre la corruption, vingt-sept personnes ont été déjà interpelées et placées en détention provisoire à la Maison centrale d'arrêt de Bamako (MCA) et à Kayes. « Selon les informations dont nous disposons, le nombre d’interpellations risque de grimper jusqu’à une quarantaine, voire une cinquantaine dans les semaines à venir », a-t-il ajouté. 

Le recul strictement interdit

C’est un pas déjà décisif dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière dans notre pays. Parmi les présumés accusés, tous ceux qui seront déclarés coupables devraient normalement purger leurs peines sans aucune interférence politique, sociale ou religieuse. Aussi pour sa propre crédibilité, la justice est désormais appelée à ne plus faire machine arrière. De même, tous les dossiers faisant état d’irrégularités financières, doivent également faire l’objet d’une sérieuse enquête pour toujours punir les coupables, conformément à la loi. C’est dans cette démarche que le Mali trouvera son salut et pourra se faire respecter par les autres pays frères.

Ousmane BALLO

Source : Ziré