Selon un rapport du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies au Mali (OCHA/Mali), plus de 900 civils ont trouvé la mort dans des violences au Mali depuis le début de janvier 2019. Aussi, l’organisation a-t-elle dénombré pour la même période, 311 000 personnes déplacées ou réfugiés, 276 000 enfants privés d’éducation et 920 écoles fermées à cause de l’insécurité dans le pays, notamment dans sa partie nord et centre.

Cette situation doit interpeller chacun de nous. Acteurs politiques, ceux de la société civile, décideurs et leaders d’opinion, pouvaient travailler à préserver notre pays d’un tel drame. Ce qui est certain, ni les forces armées maliennes, ni la Minusma, encore moins Barkhane, ne pourront aujourd’hui réussir à vaincre l’ennemi sans une franche collaboration des populations civiles elles-mêmes.

Les groupes d'auto-défense au centre comme les mouvements armés au nord, dont les actions visant à protéger les civils sont jugées éphémères, sélectives et souvent caractérisées par des séries de vengeances, doivent également s’inscrire dans une démarche allant dans le sens de la paix. Il s’agit précisément de respecter leurs engagements signés avec le gouvernement et travailler à se démarquer des terroristes sur le terrain. De même, l’Etat doit tenir ses promesses.

Le processus spécial de Désarmement-Démobilisation-Réinsertion (DDR) lancé le 11 octobre 2019 par le Premier ministre, Dr. Boubou Cissé, pour le centre et qui concerne, dans un premier temps,  400 ex-combattants issus des groupes armés et des milices d'autodéfense présents dans les régions de Mopti et Ségou, peut permettre d’identifier et de désarmer certains groupes armés, mais sera difficilement l'ultime solution. D’autant plus que les groupes terroristes qui ne sont pas concernés par ces mesures, restent présents sur le terrain pour faire régner leurs lois.

Ce qui est sûr, la réussite de cette mission passe forcément par la communication et la sensibilisation auprès des populations des localités concernées. Cela pour démanteler toutes les connexions entre les groupes terroristes et leurs complices au sein des populations civiles.

Aussi, les forces étrangères doivent nécessairement changer d’approche et de mode d’intervention sur le terrain en vue de bénéficier de l’accompagnement et du soutien constant des populations. C’est la seule manière de vaincre l’ennemi et de mettre fin à cette spirale de violences qui règne au centre comme au nord de notre pays, depuis bientôt quatre ans.

Ousmane BALLO

Source : Ziré