Dans une vidéo de 3 minutes et 59 secondes, postée sur les réseaux sociaux, le président du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), le Chérif Ousmane Madani HAÏDARA, accusé de s’immiscer dans le dossier de l’assassinat du Commissaire de Niono, a fait une mise au point. S’il reconnaît avoir rencontré le président de la République à Koulouba avec une délégation venue de Niono, le président du HCIM a précisé qu’il s’agissait d’introduire ces responsables auprès du chef de l’État, qui voulaient condamner, présenter leurs regrets et demander des excuses au président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, concernant les événements douloureux du 19 septembre 2019 à Niono qui ont coûté la vie au commissaire de police de la ville. Nous vous proposons, les explications du chérif !

« Une forte délégation conduite par le Haut conseil islamique de Niono et comprenant l’ensemble des responsables religieux, notamment les imams, le chef de village et les notabilités de Niono étaient venus à Bamako pour nous remercier de notre initiative de rendre visite aux policiers blessés lors des événements de Niono. La délégation voulait aussi rencontrer le président de la République pour lui exprimer ses regrets et manifester son mécontentement face à ces événements malheureux survenus dans la ville, au nom des populations de Niono. Il s’agissait, pour eux, de dire que ce qui s’est passé à Niono relève de la volonté divine, indépendant de leur volonté. Aussi, il s’agissait de condamner et de présenter des excuses publiques à l’ensemble de la nation. Nous avons estimé que c’était une initiative heureuse et salutaire. Car, après des événements du genre, il est louable de voir ceux chez qui le drame a eu lieu, regretter ses actes et venir présenter des excuses. Il est du devoir de tout leader religieux de s’impliquer dans les situations du genre pour trouver des solutions à l’amiable. C’est pourquoi le président du Haut conseil islamique de Nonio a conduit la délégation chez le président de la République. Les deux parties ont échangé. La délégation de Niono a condamné les faits et présenté ses excuses au président de la République. Les membres de la délégation ont prié pour que ce genre de drame ne se reproduise plus à Niono et partout ailleurs au Mali. Au terme de l’audience, nous avons salué et remercié le président de la République pour l’accueil réservé à cette délégation.

En terme clair, il s’agissait de présenter des excuses, mais nullement il n’a été question de libérer les prisonniers ou de mettre fin à l’action judiciaire enclenchée. D’ailleurs, le vœu de nous les musulmans est qu’on puisse rendre la justice saine dans ce pays pour que la vérité soit force de loi. Il n’y a pas d’État véritable sans État de droit. Notre prière est que la justice puisse travailler en toute indépendance et que les juges puissent trancher les affaires suivant le droit. Il y va de la stabilité du pays. Mais, suivant les principes de l’Islam et dans tout État civilisé, il est louable que ceux qui pèchent ou qui enfreignent la loi se repentissent. Donc, la délégation de Niono n’était pas venue nous demander d’entreprendre une médiation pour la libération des personnes interpelées, mais de les accompagner pour aller présenter des excuses. Et cette audience a eu lieu sous les projecteurs des médias en présence du Premier ministre, des membres du gouvernement et des chefs des institutions de la République. La rencontre a été couverte par des médias de la place, leurs comptes rendus peuvent être consultés par qui que ce soit. »

A.O

Source : Ziré