Les 7 et 8 octobre 2019, des assises préparatoires du Dialogue national inclusif ont eu lieu dans 605 communes sur les 703 opérationnelles. Les 14 et 15 octobre 2019, c’était le tour des cercles, régions et du District de Bamako. L’objectif était de débattre des problèmes auxquels est confronté le pays et en retour, proposer des pistes de solutions pour une sortie définitive de la crise qui sévit dans notre pays. Ainsi, les conclusions de ce round au niveau décentralisé qui portent sur des questions relatives à l’insécurité, à la paix, à la cohésion sociale et à la mauvaise gouvernance, devraient être largement débattues au cours du dialogue proprement dit, en plus de celles qui seront retenues au niveau des cercles et régions. 

Le démarrage du processus à travers ces premières concertations est à saluer, même si son caractère inclusif reste toujours à craindre. Sans faire l’avocat du diable, aller à ce dialogue en rang dispersé, sans des parties intégrantes comme l’opposition et d’autres regroupements de la société civile, constituent une erreur. Ce dialogue doit avoir l’adhésion de toutes les forces vives de la nation pour parler de l’essentiel. Il s’agit de trouver le cadre idéal et respectueux permettant à chaque organisation et regroupement de se sentir intéressés et de travailler dans la confiance pour proposer des solutions pour la sortie définitive de la crise qui secoue le pays depuis 2012.

Pour ce faire, toute fierté, toute rancune ou colère doivent être mises de côté au nom de l’intérêt général du pays. C’est pourquoi, le premier dialogue doit être celui entre le pouvoir et la classe politique (majorité et opposition), ainsi que les organisations de la société civile afin de trouver l’adhésion de tous et de se mettre d’accord sur un mécanisme de conduite du processus. C’est après cela que les discussions devraient être organisées au sein des communautés au niveau décentralisé, déconcentré, jusqu’au niveau national.

Il faut surtout éviter un dialogue bâclé qui ne rimera à rien mais serait plutôt une lourde dépense pour un piètre résultat incapable de changer la situation actuelle du pays. Déjà, à Tombouctou, les leaders religieux ont rejeté les conclusions des assises communales. Parce que tout simplement, ils disent ne pas se reconnaître dans les recommandations issues de ces deux jours de concertations. Autrement dit, leurs propositions n’ont pas été prises en compte dans les conclusions finales. Autre chose, ces leaders pensent que ces concertations n'ont pas été inclusives pour la simple raison qu’elles ne se sont tenues que dans la seule commune urbaine de Tombouctou.

Pour la réussite de ce dialogue, les décisions et démarches unilatérales sans consulter les populations concernées doivent être évitées. Car, elles constituent des erreurs qui peuvent impacter négativement le processus. Si, pour des raisons de sécurité, les assisses ne peuvent pas se tenir dans une localité, cela doit être discuté avec les populations qui sont d’ailleurs les vraies cibles, afin de trouver un accord et un cadre approprié permettant à ces populations de participer aux débats dans un lieu accepté de tous. Certes, tout le monde ne peut pas y prendre part, mais les délégués doivent forcément être des personnes désignées par consensus et venues des localités concernées.

Une chose doit être claire dans la tête de chacun, malgré l’urgence, le dialogue doit prendre le temps qu’il faudra afin d’être l’ultime solution à la situation actuelle du pays.

Ousmane BALLO

Source: Ziré