Plus de quatre ans après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger et trente-sept sessions de suivi de sa mise en œuvre, aucune avancée significative ne peut être notée. La seule chose avec laquelle les acteurs se vantent aujourd’hui est le processus du Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) qui a permis la formation de 1006 ex-combattants pour être intégrés à l’Armée nationale, même si vingt-quatre d’entre eux restent toujours portés disparus.

Pire, au moment où Ahmed Boutache fait ses adieux pour sa nouvelle fonction d’ambassadeur d’Algérie en Italie, le Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali (CSA) se trouve dans des difficultés. Cela après le report de la 38ème session dudit comité qui était prévue le 17 septembre 2019 à Kidal.

«Suite à la décision prise souverainement par le gouvernement de la République du Mali en raison dimpératifs qui lui sont propres, que la 38ème session statutaire du CSA se tienne à Bamako et non pas à Kidal, comme initialement prévu et décidé par le CSA, conformément aux dispositions pertinentes de lAccord, en loccurrence la CMA, partie signataire de lAccord, a publié, ce jour, un communiqué officiel par lequel elle élève une protestation contre lannulation de la tenue de la 38ème session du CSA à Kidal et introduit une demande pour la tenue dune réunion urgente avant toute autre étape avec la communauté internationale et les autres parties de lAccord dans un lieu neutre en vue de clarifier l’ensemble des questions pendantes, notamment la raison dEtat impérative qui a motivé lannulation de la 38e session du CSA », a souligné Ahmed Boutache, le désormais ancien président du CSA.

Même si le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé, pense que cette décision ne peut perturber en aucun cas le processus, il est clair que ce report ne soit pas le choix de la médiation encore moins de l’ensemble des parties signataires.    

Au côté de la médiation, Ahmed Boutache rappelle toujours que devant ce sérieux développement, signe avant-coureur d’obstacles non négligeables qui viendront, dans un avenir proche, obérer et affaiblir le processus de mise en œuvre de l’Accord qui, au lieu d’être accéléré comme ne cesse de le réclamer la communauté internationale, risque de connaître encore davantage de retard, et ce, à une phase cruciale qui devrait voir lancés de grands projets, notamment la révision constitutionnelle.

La question qu’il faut se poser est de savoir, si réellement l’actuel bureau du CSA, considéré comme l’organe  chargé de la mise en œuvre effective de cet Accord pour la paix et réconciliation, pourra réussir dans sa mission. Dans la mesure où la confiance n’arrive pas à s’installer définitivement et de façon durable entre les différentes parties signataires dudit Accord. Le temps nous édifiera certainement !

Ousmane BALLO

Source: Ziré-Hebdo