''Je ne supporte plus cette mentalité qui consiste à toujours voir dans une mort la volonté de Dieu...'' Ces propos viennent d'une jeune femme révoltée face à la mort de sa sœur. Cette triste complainte, je l'ai entendu sortir de plusieurs autres bouches ce jour-là. C'était un jour gris, un jour froid, un jour morne qui voyait partir en terre une mère qui n'avait pas eu le temps de voir les jumeaux qu'elle avait accouchés cinq jours auparavant. Le film...

Mercredi 11 septembre. Le soir, Elle, portant une grossesse jumelaire à terme, commence à sentir des douleurs. Elle appelle son gynéco, patron d'une clinique de la place. Rendez-vous est pris. Comme pour les deux précédentes maternités, il va s'agir d'une césarienne. Elle est admise au bloc. Un peu plus tard dans la nuit, les jumeaux sont extraits. Mais le médecin souligne un problème au mari de Elle. L'utérus est déchiré. Il explique qu'il y a deux possibilités : soit le coudre et le retourner, soit l'éliminer. Le mari dit au praticien qu'il ne verrait aucun inconvénient que l'utérus soit éliminé et qu'il pouvait faire ce qu'il y avait de mieux pour sa femme. Retour du médecin au bloc. Il coud l'utérus, le retourne et ferme l'ouverture. Elle revient dans la salle d'hospitalisation très affaiblie. Quelques minutes plus tard, on sent que la nouvelle accouchée perd beaucoup de sang. Le médecin comprend alors qu'il aurait dû éliminer l'utérus et fait retourner Elle dans le bloc. Moins de six heures après la césarienne, elle devait subir une opération plus importante qui va consister à faire l'ablation de l'utérus. Elle revient encore plus affaiblie. On parle d'anémie. On demande des poches de sang. Dix poches y passent. Jeudi 12 août. Toujours anémie. Autre chose, Elle n'a pas uriné toute la nuit. Examen. On dit que les deux reins ne répondent plus. Vite une ambulance. Direction le CHU du Point G. Pour une dialyse. Entre-temps, les parents ne comprennent pas comment Elle, dont les dernières analyses avant l'accouchement ne signalaient aucun problème de rein, peut se retrouver avec les deux reins inactifs...

(A suivre)

MINGA S. Siddick

Source: Ziré-Hebdo