En marge d’un atelier d’échanges avec les collectivités  territoriales sur l'Audit des collectivités, organisé du 11 au 13 septembre 2019 par le Programme de Gouvernance Locale (Mali-SNGP) sur financement de l'USAID, nous avons tendu notre micro à Mme Diarra Zeynabou Ndiaye, coordinatrice dudit Programme. Lisez plutôt !

Madame la coordinatrice, quel est l'intérêt de ce débat avec les collectivités territoriales ?

Ce débat consiste à informer les collectivités sur la façon dont la gestion des collectivités doit se faire. Savoir lors des audits, quels sont les dysfonctionnements et les anomalies les plus courants qui sont remarqués et enfin les recommandations qui sont formulées. Tout cela pour promouvoir une meilleure gestion des collectivités, accroître la redevabilité, permettre le contrôle et surtout éviter d'attendre tout le temps que le mal se passe et ensuite courir à gauche et à droite pour une solution. 

L'un de vos objectifs est d'améliorer la gouvernance locale, notamment sur le côté financier. Les collectivités sont-elles forcément les maillons essentiels pour la réussite de ce processus ?

Ce n'est pas seulement le côté financier qui nous intéresse ; nous misons beaucoup plus sur la performance. Cela couvre aussi bien la gouvernance de façon globale, la tenue des délibérations, la communication autour des sessions que tout ce qui concerne la procédure de passation au niveau de la gestion domaniale, les banques de céréales, l'État civil, la tenue des registres, la bonne gestion des archives, bref la bonne gestion des collectivités de manière efficiente et efficace, mais aussi sur le plan financier. Donc, c'est tout un ensemble qui est visé  à travers ce débat. 

Par qui ce débat est-il animé ?

Il est animé par le contrôle général des services publics et l'inspection de l'intérieur. C’est vrai que les services externes au gouvernement font le contrôle, mais ces services internes de l’Etat (le Contrôle Général des Services Publics rattaché à la Primature et l'Inspection Intérieure rattachée au ministère de l'Administration territoriale) sont dans leurs prérogatives. Ils   jouent leurs rôles de contrôleurs des collectivités territoriales. Et pour ce débat, nous avons ciblé un nombre de participants estimé à environ cent personnes venues des six communes du District de Bamako et du Cercle de Kati dans la région de Koulikoro. 

Est-ce à dire que l'initiative est partie d'un constat de manquements au niveau des collectivités territoriales ?

Absolument ! Lorsque les structures de contrôle mènent des audits de contrôle  au niveau des collectivités territoriales, nous nous rendons compte que les élus n'ont même pas le profil nécessaire et ne s'approprient pas les textes qui doivent leur permettre de faire leur travail correctement. Beaucoup d'élus ignorent les textes qui régissent leurs différents domaines. Quand on leur parle de l'État-civil, ils ne savent pas quelles sont les procédures à suivre. Quand on  leur parle de gestion ou  de passation des marchés, ils ne savent pas non plus ce qu'il faut faire concrètement.

Donc, il y a parfois beaucoup d'erreurs qui sont commises, dues à la méconnaissance des textes. Ce n’est pas de façon volontaire que les gens fraudent ou volent, mais c'est tout simplement parce qu’ils ne connaissent pas et ils ne font pas l'effort qu'il faut pour connaître. C'est cela que nous voulons pallier en faisant ce genre d'activité pour susciter au moins l'intérêt de chercher à connaître les textes qui leur permettront de faire leur travail.

Au-delà des collectivités, vous avez eu à former pas mal de structures pour ce même objectif. Quelles ont été  les activités menées à ce niveau ?

En fait, le Programme de gouvernance locale évolue un peu dans le domaine de la décentralisation financière. Nous travaillons à l'amélioration des finances publiques, à la coordination et à la communication entre l'État et les structures déconcentrées, ainsi qu'au renforcement des capacités des structures de contrôles de l’Etat. En plus de l'aspect genre, nous avons mené plusieurs formations et débats. Nous continuons toujours dans ce sens. L'année prochaine aussi, nous allons faire beaucoup d'activités, des audits de performance dans le domaine de l'éducation, la santé, l'accès à l'eau. En un mot,  tout ce qui concerne les services de base de l'État.

Rencontrez-vous des difficultés ?

Pour le moment, les difficultés essentielles que nous avons, c'est parfois la mobilisation du public-cible. Sinon, nous avons vraiment l'accompagnement des plus hautes autorités du pays et cela nous permet de mener nos activités sans aucune contrainte. 

Si vous aviez un conseil à donner, quel serait-il ?

Que chacun fasse son travail correctement !

Entretien réalisé par Amadou Basso 

Source : Ziré-Hebdo