22 Septembre 1960 - 22 Septembre 2019, le Mali a exactement 59 ans. Une souveraineté arrachée par une somme de luttes farouches des intellectuels de l’époque dont, entre autres, Modibo Keita, Mamadou Konaté, Fily Dabo Sissoko, Hamadoun Dicko…

Pendant 59 ans, ce pays sera passé par plusieurs chemins, parfois catastrophiques. De la première République dirigée par un régime socialiste, à la deuxième dominée par un régime militaire, puis à la troisième République qui a vu la naissance d’un régime démocratique, le Mali est toujours en quête d’un Etat fort, capable d’amorcer un vrai développement économique. 

De 1960 à 1968 le peu de réalisations faites par le régime socialiste a été liquidé par le régime militaire qui a passé vingt-trois ans à terroriser le peuple malien avant d’être balayé le 26 mars 1991 par une autre bande de militaires, mais qui ont ouvert la voie à la démocratie. Ce fut le début de l’arnaque et du mensonge des nouveaux dirigeants au peuple. Mais également une démocratie mal comprise par ce même peuple qui pensait qu’il s’agissait désormais de l’affranchissement ou de l’émancipation du joug des militaires pour faire ce que bon lui semble.

Ainsi, le laisser-aller gagne du terrain et l’Etat continue de s’effondrer. Du coup, les promesses de 1991 deviennent vaines et la troisième République devient la continuité de la deuxième qui a consisté à composer avec les mêmes personnes qui ont dirigé le régime militaire. Lesquelles ont juste eu besoin de changer de costume, passant de la tenue militaire à la veste et au boubou blanc, bonnet blanc, pour s'offrir les fauteuils de la gouvernance.

Les attentes du peuple vont rester longues. Le bonheur tant promis demeurera un rêve inaccessible. Le premier régime démocratique dirigé par le président Alpha Oumar Konaré de 1992 à 2002 a, certes, permis de mettre en place des institutions de la République, mais au fond, la gestion et le fonctionnement de certaines demeurent toujours ambiguës.

Après Alpha Oumar Konaré, comme si c’était une question de ‘’donnant-donnant’’, Amadou Toumani Touré qui a dirigé la transition de 1991 à 1992,  fait son come back en juillet 2002. Sur ce deuxième régime, les avis étaient partagés. D’un côté, de grands sentiers ont été entamés pouvant remettre le pays sur une meilleure voie. De l’autre, népotisme, favoritisme et négligence exagérés, étaient décriés.

Entre janvier et mars 2012, le Mali se retrouve encore à genou. Une crise multidimensionnelle faite de rébellions et d’attaques djihadistes le frappe dans sa partie septentrionale. A Bamako, un coup d’Etat militaire est perpétré et le pays s'est écroulé. 

Le 4 septembre 2013, Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK) prend le pays des mains de Dioncounda Traoré, président de la transition. Pendant son premier quinquennat (2013-2018), IBK réussit à trouver une issue à la crise politique par l’Accord de Paix, issu du processus d’Alger. Lequel a finalement calmé un peu la rébellion séparatiste, même si la lutte contre les groupes djihadistes reste encore vaine. Un second mandat lui est accordé le 4 septembre 2018 dans un véritable cafouillage et avec comme principal défi, la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la réconciliation. Mais malheureusement, entre-temps, le centre du pays plonge dans une extrême insécurité occasionnant de nombreux déplacés.

Si le régime militaire a été beaucoup caractérisé par la force, la dictature, ceux supposés démocratiques sont toujours dominés par de fausses promesses, la corruption, le vol, le refus de reconnaître les défis, les dangers pour faire croire que tout va bien. Aujourd’hui, il est grand temps pour le Mali de travailler à une vraie indépendance politique, économique et culturelle, avant que l’histoire ne nous rattrape de nouveau. Pour ce faire, il faut un vrai Etat fort et capable de répondre aux aspirations réelles du peuple.

Ousmane BALLO

Source : Ziré-Hebdo