Marcelin Guenguerre, Porte-parole de Dana Ambassagou 

Selon les responsables du mouvement Dana Ambassagou, le camp de pré-cantonnement de leurs éléments, situé à Bandiougou, a été bombardé le 05 septembre 2019 par l’Armée malienne. Ainsi au cours d’une conférence de presse tenue le lendemain 06 septembre 2019, le porte-parole dudit mouvement, Marcelin Guenguerre, a exprimé son  inquiétude face au traitement que l'État réserve à ses éléments sur le terrain, malgré les accords négociés et signés entre l’ensemble des groupes d'autodéfense évoluant dans le centre du pays, il y a plus d’un un mois.

Ces  derniers moments, les responsables de la communauté dogon et du mouvement armé Dana Ambassagou ne cessent de dénoncer des attaques perpétrées contre leurs éléments sur le terrain. La dernière attaque date du 05 septembre 2019. Selon les responsables de Dana Ambassagou,  cet acte est insensé et va à l’encontre du processus de désarmement enclenché au centre du pays.

Le vendredi 06 septembre 2019, le porte-parole du mouvement, Marcelin Guenguerre,  a animé une conférence de presse à Bamako, au cours de laquelle, il a fustigé l'attitude du gouvernement. « Nous avons la volonté d'aller vers la paix uniquement parce que c'est la cause de notre combat depuis toujours. Nous prenons à témoin l'opinion nationale et internationale, du fait que le pays dogon est aujourd'hui victime d'un complot de déstabilisation et d'extermination par des ennemis de la paix », a-t-il déclaré.

Pour le porte-parole de Dana Ambassagou, c'est suite à une situation incontrôlée par les autorités du Mali que le peuple dogon a été obligé de se défendre pour sa survie. « Evitons donc l'amalgame, les dogons sont les premières victimes de cette insécurité expressément créée et entretenue malheureusement par nos voisins. Le mouvement Dana Ambassagou est respectueux de ses engagements avec le gouvernement du Mali et ses partenaires, dans le cadre du cessez-le-feu, et le processus du DDR reste ouvert au dialogue avec tous les acteurs et les partenaires nationaux et internationaux dans le cadre de la recherche de la paix et de la cohésion sociale dans le pays dogon et dans le reste du Mali », a-t-il ajouté.

Selon Marcelin Guenguerre, l'attaque du camp de Bandiougou intervient après celles du camp de Kani-Bonzon, de Koromatintin, ainsi que d'autres attaques ciblées et perpétrées par des assaillants depuis la signature du cessez-le-feu. « Depuis qu'on a signé le cessez-le-feu, notre mouvement n'a pas tiré une seule fois. Mais, nous continuons à subir des attaques malgré l’accord. Comment cela est-il possible ? Il faut que l'État identifie ceux qui attaquent et qu'on les empêche de faire ces tueries », a-t-il souligné.

Outre le porte-parole de Dana, le Conseil local de la jeunesse du Cercle de Bandiagara et du Mouvement Patriotique Pour la Paix au Pays Dogon ont aussi publié un communiqué conjoint dans lequel ils affichent leur inquiétude. Depuis la semaine dernière,  des manifestations pacifiques ont également eu lieu dans plusieurs localités de la région de Mopti. Au niveau du Collectif des associations de jeunes du pays dogon, on demande à l'État de clarifier sa position par rapport aux groupes armés au centre du pays.

Amadou Basso

Source : Ziré