«Le ministère public face au défi du délitement et de l’effondrement de l’autorité publique : perspectives et responsabilités», était le thème retenu pour la conférence des chefs de parquet tenue hier à l’Institut national de formation judiciaire. L’ouverture de cette rencontre, ayant bénéficié de l’appui du Projet justice au Mali (USAID/MJP), était présidée par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Malick Coulibaly.

Pour les magistrats du parquet des différents degrés de juridiction, cette rencontre constituait le lieu idéal de jeter un œil critique sur leurs pratiques, d’identifier leurs difficultés, de proposer des solutions, de partager les bonnes pratiques et d’harmoniser leurs procédures, a souligné, dans son discours, le directeur national des affaires judiciaires et du sceau.

Le directeur national des affaires judiciaires et du sceau, Mohamed Maouloud Najim, a estimé que la remise en cause de l’autorité de l’Etat a atteint des niveaux intolérables, avant de s’indigner face à l’incivisme sur les routes, dans les administrations et les écoles en ville comme dans les campagnes, aux spéculations en tous genres notamment foncières et à la fuite de responsabilité. A ce propos, l’homme de droit dira : «Il nous revient impérativement de réussir pour sauver encore, pendant qu’il est temps, la République et restaurer son autorité».

Sur la même lancée, le représentant de l’USAID indiquera que le délitement et l’effondrement de l’autorité publique pourraient s’expliquer à partir de deux raisons majeures. La première, a détaillé Lury NKouessom, a trait à l’inefficacité de l’action publique en termes de précarité des conditions assurant la performance de la poursuite.

Et la seconde est relative à la méfiance et à la défiance entre les populations et la justice qui soulève le problème de la confiance et par conséquent de la légitimation de l’action publique. Il a, par ailleurs, indiqué que l’objectif général de la rencontre était d’offrir une compréhension approfondie des enjeux liés à la restauration de l’autorité de l’Etat dans un contexte marqué par la crise multidimensionnelle.

De son côté, le ministre de la Justice a confirmé que les manifestations de l’absence ou de la faiblesse de l’autorité de l’Etat sont quotidiennes. A ce sujet, Malick Coulibaly a mis en exergue les scènes de lynchage ou d’expéditions punitives pour se faire justice qui sont de plus en plus courantes aux côtés de l’incivisme des usagers dans le cadre de la circulation routière. Il n’a pas manqué d’évoquer des scandales relayés et distillés de corruption et d’atteintes aux biens publics, des braquages, des trafics illicites, des attaques terroristes…

Deux communications ont été faites lors de cette rencontre. L’une portait sur : «Les défis et enjeux de la restauration de l’autorité de l’Etat» ; et l’autre sur : «Les bonnes pratiques du ministère public dans la restauration de l’autorité de l’Etat».

Bembablin DOUMBIA

Source : L’ESSOR