Créé le 06 novembre 2015 pour coordonner les stratégies de communication des départements ministériels, le Centre d’Information Gouvernementale du Mali (CIGMA) est devenu un nid de vieilles carcasses en panne d’inspiration, d’initiatives et d'une bonne vision capable de les aider à assurer leur mission qui n’est autre que l’amélioration de la communication gouvernementale, particulièrement en cette période où le digital domine tout.

De sa création à nos jours, ce Centre qui était censé donner une nouvelle orientation à la communication gouvernementale, fondée sur l’anticipation, la cohérence et la mise en place d’un véritable mécanisme structuré et efficace de coordination, tarde à maîtriser la situation, surtout au moment où le gouvernement se trouve dans le plus grand besoin. Engoncées dans la forme archaïque de rédaction de communiqués de presse, ces vieilles carcasses, j’allais dire ces communicants, doivent vite se réconcilier avec les nouveaux canaux afin de mener une vraie communication institutionnelle.

Pour ce faire, les membres du CIGMA doivent forcément sortir de la communication au cas par cas, pour se doter de stratégies et de mécanismes cohérents, en s’inscrivant maturément dans la communication d’anticipation sur des dossiers brûlants. Aujourd’hui, la confiance entre le gouvernement et le peuple souffre et le CIGMA est sourd et muet. Il y a juste quelques jours, le Premier ministre, Dr. Boubou Cissé, et son ministre des Infrastructures et de l’Equipement, Mme Traoré Seynabou Diop, se trouvaient trimbalés par la population de Kayes. Pendant tout ce temps, ceux qui se disent communicateurs ou communicants du gouvernement, s’étaient enfermés dans leurs bureaux climatisés.

Aujourd’hui, le pire est que ces communicants n’ont aucun moyen ou mécanisme capable de minimiser les réactions souvent violentes des détracteurs du gouvernement sur les réseaux sociaux ou dans les médias. Est-il encore nécessaire de rappeler qu’une communication sans anticipation est vouée à l’échec ? Une chose est claire, les membres du CIGMA doivent comprendre qu’il ne s’agit pas seulement de battre le record des profils en la matière, mais plutôt il faudrait toujours s’adapter aux réalités du moment et à l’environnement politique, économique, social… Donc, pour réussir leurs missions, ils doivent forcément changer de fusil d’épaule.

Ousmane BALLO

Source: Ziré