En 2006, Stéphane Hamidou Doukouré, alias Douk Saga, le fondateur du mouvement musical Coupé-décalé, tirait sa révérence. A 32 ans. Des suites d'une longue maladie.

Aujourd'hui, treize ans après, le 12 août dernier, c'est l'un de ses émules, considéré comme le plus grand promoteur et animateur de cette forme musicale, Ange Didier Huon alias Arafat DJ, qui dépose le micro. A 33 ans. Mais de la manière la plus inattendue. Au point où nombreux sont les fans de l'artiste qui continuent de ne pas croire en la mort de leur idole, en attendant certainement le 31 août, jour de son inhumation.

En effet, toute mort violente est désarmante pour les proches du disparu. Surtout quand il s'agit d'un artiste jeune et en pleine ascension dans sa carrière ! Alors, le fanatique en oublie la loi de la nature et la volonté divine, ne considérant que l'icône à laquelle il s'identifie et par laquelle il semble justifier sa vie. Comme si le fait d'être une étoile dispensait de la mort. Pourtant, d'autres êtres lumineux ont dû subir la loi implacable de cette mort contre laquelle l'humain n'aura jamais de remède. Jésus n'est-il pas mort lui aussi à 33 ans, en plein ministère ? On dira que son cas était particulier. Mais le français Daniel Balavoine est mort à 33 ans, en 1986, dans un crash aérien au dessus du Mali, en pleine effervescence inspirationnelle aussi bien dans la musique que dans le domaine de l'humanitaire. Comme Arafat DJ. Lee Jun-fan, alias Bruce Lee, le célèbre acteur sino-américain est mort à 33 ans en 1973, au sommet de sa  gloire, quand on le croyait immortel. De nombreux autres sont même morts plus jeunes. Il existe, par exemple, le Club 27, dédié aux célébrités musicales mortes à 27 ans ! Un club qui comprend des icônes inclassables comme Jimi Hendrix, Jim Morrison, Brian Jones et Janis Joplin, de grands génies de leur temps en rock et blues, tous morts entre juillet 1969 et juillet 1971 ! Comme si une malédiction planait ! Mike Brant, un des cerveaux de la chanson française est mort tragiquement en tombant du sixième étage d'un immeuble à 28 ans en 1975, laissant place à toutes les polémiques possibles (accident ou suicide) comme dans le cas d'Arafat DJ.

Bref, chaque mort d'une célébrité que nous connaissons est une déchirure dans notre âme. Voilà pourquoi elle nous interroge. Voilà pourquoi elle devrait nous faire penser à notre propre vie. Non pas pour éviter de mourir ou de choisir notre mort. Mais pour réfléchir à la façon de laisser sur cette terre, malgré nos erreurs, nos péchés et nos imperfections, plus de traces positives, qui puissent inspirer la postérité. A bon entendeur...

MINGA S. Siddick

Source: Ziré