Signé en juin 2015, l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger tarde à apporter une véritable paix au peuple malien. Aussi est-il inadmissible qu'en 2019, soit quatre ans après la signature de l’accord, les services et les  symboles de l’Etat ne soient pas encore à Kidal et que la question soit toujours mise en négociation avec les parties signataires en session du Comité de suivi de l’Accord d’Alger  (CSA).  

Il est également décevant aujourd’hui de voir le CSA tergiverser sur la question sans trouver une solution consensuelle et définitive concernant cette région qui continue d’échapper au contrôle de l’Etat. Cela à cause du double jeu de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) qui se permet chaque fois de revenir sur la question avec des greffes ou spécificités pendant les réunions mensuelles du comité. La preuve : à la 37ème session du Comité de suivi de l’Accord d’Alger, tenue le 19 août 2019, le retour concomitant des services et symboles de l’Etat à Kidal était encore à l’ordre du jour. Et à la fin de la rencontre, aucune décision importante n’a été rendue publique concernant cette région déconnectée du reste du pays depuis plus de cinq ans.

Pire, le CSA souffre de discordes, suite à l’exclusion d’un leader de la plateforme, issu du Mouvement Arabe de l’Azawad (MAA) pour indiscipline lors de la session du CSA du 15 juillet 2019 à Bamako. Malgré les réunions du 26 au 28 juillet 2019 à huis clos à l’Hôtel de l’Amitié de Bamako à l’initiative du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé, qui visaient à réconcilier les protagonistes et à les convaincre de regagner le CSA pour la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, les choses semblent toujours être en train de tourner au ralenti.

C’est pourquoi le président du CSA, Ahmed Boutache, à l’issue de la 37ème  session, a rappelé que même si cette réunion n’a pas réglé l’ensemble des différends, elle a, quand même, permis de lancer un processus pour régler ces problèmes. « Il y a eu l'initiative du ministre Tiébilé Dramé qui a engagé un processus en vue de leurs règlements, et maintenant cette initiative sera poursuivie par d'autres, notamment une rencontre très prochainement à Alger pour parachever le processus de règlement de la crise à laquelle est confrontée la plate-forme », a ajouté Ahmed Boutache.

C’est dire qu’il reste encore du chemin à faire pour arriver à bout de la mise en œuvre de cet Accord qui traîne depuis bientôt cinq ans.

Ousmane BALLO

Source : Ziré