En plus de son soutien aux manifestations contre l’état de dégradation de la route nationale Bamako-Kayes, le Conseil supérieur de la Diaspora malienne (CSDM), par la voix de son président, Chérif Mohamed Haïdara, a exprimé son regret quant à la fermeture de l'aéroport Kayes Dag-Dag et exige sa réouverture. C’était le 22 août 2019 au siège dudit Conseil.

Parlant de la fermeture de l’aéroport Kayes Dag-Dag, le président du Conseil supérieur de la Diaspora malienne (CSDM) a déclaré : « Le CSDM s’interroge sur les raisons de la fermeture permanente de l’aéroport Kayes Dag-Dag. Il urge que cet aéroport important et stratégique puisse reprendre du service. Nos expatriés et leurs voisins de Mauritanie et du Sénégal, à travers le monde, ne comprennent pas cette attitude du gouvernement et réclament de toute urgence la réouverture de cet aéroport. En raison de cette situation d'ensemble, nous considérons que Kayes se trouve actuellement étouffée par cette attitude incompréhensible et inacceptable des autorités publiques, parce que prise en étau entre la paralysie engendrée par la dégradation de la voie terrestre, l’arrêt de l’aéroport ainsi que l’abandon inacceptable du trafic ferroviaire. Dès lors, les populations n’ont d’autres choix que de s’organiser pour exiger ce qui paraît à leurs yeux comme un droit : le désenclavement de leur région. Ceci nous paraît d’autant plus légitime, qu’à longueur de journée, nous observons, ici et là, d’énormes dépenses financières inconsidérées, souvent pour des objectifs plus ou moins contestables », a-t-il déclaré.

Aussi, Chérif Mohamed Haïdara a précisé: « Au regard de tout cela, le CSDM, organisation de la Diaspora, soutient fermement ce mouvement de protestation et réclame un désenclavement total de la région de Kayes par la construction immédiate de la route Bamako-Dakar, jusqu’à Diboli. De la même façon, le CSDM réclame et exige la reprise du trafic du chemin de fer, en tant que poumon économique des villes et villages au bord du rail. Le CSDM exige, enfin, l’ouverture sans délai, de l’aéroport Kayes Dag-Dag, pour faciliter le retour de nos expatriés dans leurs terroirs d’origine. Aux paisibles populations en lutte, le CSDM vous assure de sa totale disponibilité et s’engage à vous accompagner jusqu’au terme de votre combat.» 

Lutte commune pour le désenclavement de Kayes !

Selon Chérif Mohamed Haïdara, la décision de blocage du tronçon Kati-Kayes-Diboli est motivée par le fait que la région de Kayes se trouve actuellement enclavée. Car, ajoute-t-il, le chemin de fer, héritage du colonialisme, tout comme l’aéroport construit à coup de centaines de millions de nous francs, sont tous inaccessibles. « A nos yeux, ceci nous paraît intolérable, au regard de l'impact économique important de cette région sur l’économie nationale. C'est dans cette région où se trouvent les principales activités minières contribuant à hauteur de 22% aux recettes du budget national. C'est toujours dans cette même région où s'exerce 70% des saisines sur les transactions internationales apportant à l'Etat à la frontière de Diboli, 18% des recettes douanières », a-t-il déclaré.

Pour Chérif Mohamed Haïdara, au regard de ces réalités, la bataille déclenchée par les populations de Kayes est considérée comme légitime. « D'autant plus que l'accumulation des accidents avec la fatigue due au temps de voyage anormalement long de 18 heures, soit trois aller-retour Paris-Bamako par avion, ne leur laissent pas un autre choix. En ces termes, le CSDM soutient sans réserve la mobilisation des populations, dans leur exigence de plus de désenclavement, de plus de considération», a-t-il souligné.

Ismaël Traoré

Source : Ziré