Compte tenu de la faible couverture sanitaire dans plusieurs localités du Mali, due notamment à l’insécurité que connait notre pays et le risque élevé des maladies potentiellement épidémiques, la Croix-Rouge/Mali, à travers la Fédération Internationale des Sociétés de Croix-Rouge et de Croissant Rouge, a initié un programme de préparation des communautés pour la riposte aux  épidémies et pandémies. En marge du lancement officiel dudit projet le 14 novembre 2019 à Bamako, nous avons interrogé le coordinateur des programmes de la Croix-Rouge au Mali, Nouhoum Maïga, sur les attentes dudit projet. Lisez plutôt. 

Monsieur le coordinateur, la Croix-Rouge vient de procéder au lancement  du programme de préparation des communautés aux épidémies et pandémies.  De quoi s’agit-il  exactement ?  

Il s’agit d’un projet sinon un programme de préparation communautaire contre les pandémies et les épidémies. Alors, c’est une initiative de la Fédération Internationale des Sociétés de Croix-Rouge et de Croissant Rouge qui est mise en œuvre dans neuf (09) pays à travers le monde, dont  huit (08) en Afrique et un en Asie. Le but est effectivement de préparer les communautés à détecter et à prévenir les maladies à potentiels épidémiques. 

Quelles sont les zones d’intervention concernées par ce programme ? 

Actuellement, nous sommes en train de mettre en place un projet pilote qui concerne pour le moment les régions de Koulikoro et Kayes. Aussi, nous sommes en train de réfléchir sur courant 2020 comment est-ce qu’il faut mettre ce programme à l’échelle nationale et cela pourrait concerner d’autres régions du Mali avec des financements complémentaires que nous sommes en train de mobiliser avec les partenaires.  

Le Mali, comme beaucoup d’autres pays, est souvent confronté aux problèmes épidémiques et pandémiques. Qu’est-ce qui explique cela ?  

Bon vous savez le Mali est confronté à des crises multiformes et ces crises-là sont effectivement des terreaux pour la résurgence des maladies épidémiques et pandémiques. Alors, pour cela, nous (Croix-Rouge) travaillons en tant que auxiliaire de pouvoir avec le ministère de la Santé, mais aussi avec notre grand partenaire qui est l’USAID qui appuie les Société nationales de Croix-Rouge et de Croissant Rouge à travers le

« Global Healf Security Agenda » qui est la sécurité sanitaire mondiale, pour mener des projets de préparation des communautés. Et en plus de cela, d’autres partenaires appuie la Croix-Rouge malienne dans les différentes régions, notamment dans les régions du Nord pour que la surveillance communautaire, soit menée dans les zones où l’Etat n’existe pas, c’est-à-dire là où les structures étatiques sont absentes et où seule la Croix-Rouge a une présence physique.  

Dans ce cas, qu’attendez-vous de l’Etat ?  

Nous attendons de l’Etat, une bonne coordination des actions des intervenants sur le terrain et une bonne répartition des ressources qui sont alloués à cette thématique à travers les grands donateurs. C’est vraiment ce que nous attendons de l’Etat. Il faut aussi le suivi et la pérennité des actions parce que c’est l’Etat qui peut mettre en place ce mécanisme pour la pérennité et la durabilité des actions. 

 Avec la montée en puissance de l’insécurité dans le nord et au centre du pays, pensez-vous que les épidémies sont plus que jamais redoutées au Mali ?  

Comme je l’ai dit tantôt, l’insécurité est un facteur aggravant la résurgence des épidémies et des pandémies à cause surtout de la difficulté d’accès et de l’absence des services de santé dans plusieurs zones du pays. Donc, la crise sécuritaire aggrave davantage la faiblesse du système de santé et augmente du coup le risque d’épidémies. C’est même l’une des raisons de notre présence dans les zones d’insécurité. 

Monsieur le coordinateur, comme l’on l’entend bien, le programme  vise à préparer les communautés à la lutte contre les épidémies et les pandémies. Qu’est-ce qui est attendue de ces communautés qui sont sans doute partie prenante ? 

Les communautés sont au centre de nos actions. Il s’agit des actions de la surveillance et ce qui est attendue de ces communautés est effectivement de jouer leur rôle dans la détection, l’information sur les cas de maladies qui sont à potentiels épidémiques. 

Quel message avez-vous pour les bénéficiaires du projet ?  

Le message c’est aussi à l’endroit des communicateurs et médias que vous êtes. Il faut savoir qu’aujourd’hui la santé est liée à une bonne  communication pour le changement de comportement et les médias restent un outil précieux pour faire passer ces messages de sensibilisation. Nous invitons donc tous les médias à appuyer les organisations humanitaires pour faire passer leurs messages de sensibilisation et surtout de prévention des maladies à potentiels épidémiques ou pandémiques. 

Entretien réalisé par Amadou Basso

Source: Ziré